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Comment se soigner sans risquer d’être déclassé pour dopage

Le sportif est tenu responsable de toute substance ou méthode qu’il absorbe, qui lui est administrée ou appliquée. Voici comment se soigner lorsqu’on est susceptible de subir un contrôle antidopage.
Début juillet, l’UCI décidait de blanchir Christopher Froome malgré un taux de Salbutamol détecté dans son organisme à l’occasion de la Vuelta, bien supérieur à celui qui a valu une suspension d’un an à Alessandro Petacchi et l’annulation de ses cinq victoires d’étape sur le Giro 2007. Une sanction qui a également touché Diego Ulissi qui a vu sa victoire dans la 11e étape du Giro 2014 annulée, à la suite de la découverte d’un taux de Salbutamol bien supérieur à la limite autorisée, avant d’être suspendu 9 mois. Pourtant, tous ces coureurs ont en leur possession des ordonnances justifiant la prise de ce médicament afin de soigner de l’asthme. Outre le fait de s’interroger sur le nombre d’asthmatiques présents dans les pelotons cyclistes, il convient alors de se questionner sur la bonne façon de se soigner afin de ne pas tomber dans le dopage. Par ailleurs, quelles sont les règles à respecter, lorsque l’on pratique un sport à haut niveau comme le VTT ou que l’on participe tout simplement à des compétitions amateurs ?

Pas de traitement sans contrôle médical

Avant toute autre chose, sachez que lorsque vous faites du sport en compétition, chaque traitement thérapeutique doit être établi par un médecin du sport au fait des produits inscrits sur la liste des substances interdites. Sa compétence dans le domaine est d’autant plus importante que la législation antidopage est compliquée et changeante. On oublie donc l’automédication qui peut aboutir à du dopage, « à l’insu de son plein gré ». La prise d’un simple médicament pour soigner un rhume peut tourner au cauchemar. Ainsi, dans la gamme des produits Actifed, quatre d’entre eux peuvent entraîner un contrôle positif. Idem pour les produits Fervex. Quant au Dolirhume, il contient de la pseudoéphédrine, une molécule interdite en compétition. Pourtant, la plupart d’entre eux sont vendus sans ordonnance ! Et ce n’est pas tout ! Certains compléments alimentaires contiennent des anabolisants, sans que cela soit inscrit sur l’étiquette, alors que de simples gélules brûle-graisse peuvent contenir de l’octopamine, une substance inscrite sur la liste des produits dopants. Est-ce à dire que les athlètes ne peuvent pas se soigner en cas de rhume, d’asthme ou de tendinite sans être accusés de dopage ? Bien sûr que non car, comme tout individu, le sportif peut avoir les mêmes problèmes médicaux comme n’importe qui. C’est là qu’interviennent les Autorisations d’usage thérapeutique (AUT) qui permettent aux sportifs de se soigner en utilisant des substances inscrites sur la liste des produits interdits. C’est ainsi que les sportifs diabétiques se voient prescrire de l’insuline pourtant considérée comme un produit dopant.
Se soigner en respectant les règles
Douleurs articulaires, allergies alimentaires, piqûres d’insectes, douleurs musculaires, le sportif, comme tout individu, a donc le droit de se soigner en prenant les produits les plus efficaces pour venir à bout de ses maux. Néanmoins, lorsque ceux-ci contiennent des produits interdits, ils doivent envoyer la demande de traitement, établie par leur médecin traitant, à leur fédération de rattachement et/ou à l’agence antidopage ainsi qu’à la fédération internationale régissant leur sport. La demande est alors examinée par un groupe de trois médecins indépendants, généralement choisis en dehors du monde sportif, qui vérifient entre autres, l’aspect incontournable du traitement et ses éventuelles incidences sur les performances. Si l’insuline est presque toujours autorisée, les bêtabloquants seront généralement refusés à des archers ou tireurs en raison de l’aide qu’ils apportent !
Dans tous les cas, sachez que le code de l’AMA stipule que tout sportif est responsable de ce qui rentre dans son organisme. Aussi, avant de prendre un médicament quel qu’il soit, il est conseillé de se référer au site de l’Agence Française de Lutte contre le Dopage (www.medicaments.afld.fr) qui recense toutes les substances interdites. Cela vous évitera d’être positif à un contrôle sans volonté de tricher !
Bon à savoir : Les effets dopants de la Ventoline
En septembre 2017, Chris Froome était contrôlé positif au Salbutamol (Ventoline) avec une dose deux fois supérieure aux doses autorisées. Mais pourquoi cette molécule, utilisée pour traiter l’asthme, est-elle inscrite sur la liste des produits dopants ? Tout simplement parce qu’elle permet de dilater les voies respiratoires afin de favoriser une meilleure expiration ! Néanmoins, il y a des ajustements : jusqu’à une certaine dose (1000 nanogrammes/millilitre d’urine), la prise de Ventoline est légale car utilisée à des fins thérapeutiques pour soigner l’asthme (sous réserve d’une autorisation médicale). Au-delà de ce seuil, la Ventoline est considérée comme un anabolisant, un produit qui augmente la masse musculaire et diminue la graisse corporelle. Naturellement, chez les sportifs non asthmatiques, le seuil toléré est de zéro nanogramme. En effet, chez un non-asthmatique, une simple bouffée de Ventoline augmente la consommation d’oxygène de 0,3 litre.
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