Salsa Spearfish Carbon 1 : l’alternative

Précurseur du 29”, Salsa se lance en 2015 dans le carbone avec la déclinaison de ses châssis dotés de la suspension Split Pivot, jusqu’alors en aluminium. Nos avons essayé en avant-première le Spearfish, le tout-suspendu XC/endurance de la marque américaine.

Salsa Spearfish Carbon 1 (2)
DR Nicolas Le Carré

[Htab][tab title= »PRIX »]4425€[/tab][tab title= »POIDS »]12,40 kg[/tab][tab title= »DEBATTEMENT »]Déb. av. : 100 mm | Déb. ar. : 80 mm[/tab][tab title= »USAGE »]rando-sport, vallonné, montagne, plaine.[/tab][/Htab]

Salsa, ça vous parle ? Pionnière en matière de 29”, la marque américaine est aujourd’hui surtout connue pour ses Fat Bike… mais pas que ! Toujours aussi exotique, elle propose deux tout-suspendus en 29” dotés de la suspension Split Pivot du génie Dave Weagle, avec un point de pivot situé autour de l’axe de roue arrière. Jusqu’alors en aluminium, le Spearfish se voit décliné en 2015 dans un tout nouveau châssis en carbone haut module carrément… sexy ! N’ayons pas peur des mots, ce Spearfish est probablement l’un des plus beaux coups de crayon de cette année. L’utilisation du carbone permet de gagner 220 g par rapport à l’aluminium. La rigidité a été optimisée, sans pour autant négliger le confort puisque l’un des axes de développement a été d’améliorer la filtration des vibrations. Cela ne se voit pas, mais l’intérieur du cadre est particulièrement propre au niveau des jonctions de tubes, grâce à un procédé de moulage qui permet d’optimiser la solidité du cadre. La douille conique, l’axe arrière en 12X142 mm et le boîtier de pédalier Press Fit 92 mm sont de rigueur. Salsa n’a pas succombé à la mode des passages de gaine en interne, et on ne va pas s’en plaindre car le cadre dispose de jolis guides aux endroits stratégiques (douille de direction et au niveau du roulement de la biellette, par exemple). C’est esthétique et pratique, puisque cela évite à la gaine de venir en contact direct avec le cadre.

A l’américaine

Le Spearfish a été pensé pour l’endurance. C’est d’ailleurs la machine préférée de Kurt Refsnider, le pilote maison qui a battu le record des 300 miles l’Arizona Trail Race en passant sous la barre des 48 heures. En gros, ce Spearfish est conçu pour vous emmener loin, avec performance et confort. Pour cela, il utilise une suspension arrière Split Pivot de 80 mm de débattement. Le système développé par Dave Weagle utilise un point de pivot concentrique situé au niveau de l’axe de roue arrière. Une biellette forgée et usinée permet de contrôler le ratio de la suspension arrière, et ça marche plutôt bien. Mais on y reviendra plus tard. Vous vous dites probablement qu’une machine exotique coûte forcément les yeux de la tête. Pas forcément. A moins de 4 500 €, le Spearfish est plutôt bien placé face aux marques généralistes. Comme quoi, rouler différent est encore possible et judicieux, car le montage de ce Spearfish 1 met plutôt bien en valeur le cadre, avec du Thomson au niveau des composants, du Shimano XT à tous les étages ou encore les excellentes roues Notubes Arch EX.

Du caractère à revendre

On a pu tester le Spearfish sur les boucles XC de Bootleg Canyon dans le Nevada, durant l’Interbike. Les premiers kilomètres s’effectuent sur une piste assez roulante mais très rythmée qui alterne virages en épingles et petits “coups de cul” à négocier en aveugle, après des jolies descentes. Pas de doute, le Spearfish est bien dans son élément. Les relances sont franches et vives et les premiers enchaînements de virages se négocient avec le sourire en coin, à condition de rouler avec la position Trail de la fourche afin d’éviter qu’elle ne plonge trop. Ce Salsa ne lésine pas sur le plaisir de pilotage, grâce à une géométrie particulièrement réussie. L’angle de direction assez ouvert, associé à un offset de fourche de 51 mm fournit un compromis idéal. Concrètement, le Spearfish est stable et rassurant dans le rapide (surtout dans les grandes courbes où il vient se placer naturellement), tout en restant vraiment convaincant dès qu’il faut enchaîner les virages serrés ou relancer en sortie de courbe. Une vivacité que l’on doit en partie aux bases de 437 mm. Un record dans la catégorie, seul le Devinci Atlas fait mieux à notre connaissance, mais ce dernier n’offre pas un aussi bon dégagement au niveau du pneu arrière. Dès que l’on attaque dans des sections un peu plus techniques, on apprécie d’avoir 100 mm de débattement à l’avant. Mais le plus surprenant, c’est cette sensation d’avoir plus de 80 mm à l’arrière grâce à une progressivité particulièrement bien gérée. Finalement, le Spearfish colle parfaitement à son programme par sa capacité à offrir un compromis idéal entre performance et confort. Un confort renforcé par le galbe du cintre Salsa et son backsweep assez important. On aime aussi la transmission 2X10 en 22/34, qui permet de passer vraiment partout. Le seul vrai bémol concerne le montage de “petits” disques en 160 mm de diamètre… un paradoxe sur un VTT conçu pour l’endurance !

Caractéristiques :

FICHE TECHNIQUE : Cadre carbone – Amortisseur arrière Fox Float CTD Performance – Fourche Fox F29 CTD Performance – Freins Shimano XT Trail M785 ø160 mm – Pédalier Sram S2210 22/34 – Dérailleur avant Shimano XT – Dérailleur arrière Shimano XT Shadow + – Commandes Shimano XT – Cassette Shimano HG81 11/36 dents – Moyeux Salsa Straight Pull – Jantes NoTubes Arch EX – Pneus Schwalbe Racing Ralph 29X2.2 – Cintre Salsa Flat 1 Carbon 750 mm – Potence Thomson X4 – Tige de selle Thomson Elite – Selle WTB Silverado Race SL – GEOMETRIE :  Tailles disponibles XS, S, M, L, XL – Modèle testé M – Tube supérieur 600 mm – Tube de selle 457 mm – Bases 437 mm – Empattement 1 121 mm – Angle de direction 69,3° – Angle du tube de selle 73,5.

Distributeur : www.dom-bikes.com

RENDEMENT
CONFORT
MANIABILITE
STABILITE
PRIX/EQUIPEMENT

[quote]On aime : La géométrie réussie, la finition du cadre, le compromis entre rendement et confort excellent
On regrette : les disques en 160mm trop justes.[/quote]