Accueil ESSAIS Merida One Forty 800 : Dévergondage !

Merida One Forty 800 : Dévergondage !

Le One Forty fait peau neuve en 2018 et prend du caractère en adoptant logiquement les recettes qui ont fait le succès de son grand frère enduriste, le One Sixty !

DR. B. Lacoste

[Htab][tab title= »PRIX »]2899€[/tab][tab title= »POIDS »]13.80 kg sans pédales en taille L[/tab][tab title= »DEBATTEMENT »]Déb. av. : 150 mm | Déb. ar. : 140 mm[/tab][tab title= »USAGE »], rando-sport, vallonné, montagne.[/tab][/Htab]

Bumblebee, sort de ce corps ! Avec sa déco jaune et noire, le nouveau One Forty 800 n’est pas sans rappeler la Chevrolet Camaro du film Transformers. Qu’on l’aime ou pas, elle confère au Merida une vraie personnalité et du caractère, preuve que le géant taïwanais cherche à rajeunir son image ! Pour moderniser son all-mountain de 140 mm de débattement, Merida a logiquement choisi de partir sur la même base que celle initiée d’abord sur le One Twenty (120 mm de débattement), puis sur le One Sixty (160 mm de débattement). L’ensemble forme ainsi une famille cohérente allant du cross-country à l’enduro, utilisant une architecture de cadre et un système de suspension similaires.

Simple et efficace

Merida a d’abord choisi de lancer le One Forty avec un châssis 100% en aluminium. On imagine bien qu’une version carbone est dans les cartons pour l’année prochaine, Merida étant un acteur majeur dans le domaine. En l’occurrence, l’aluminium utilisé pour le cadre permet de proposer une machine performante et particulièrement cohérente pour moins de 3 000 €. Simple et épuré, le One Forty va directement à l’essentiel. Les lignes du cadre font dans l’efficacité, le coup de crayon est franc et sans artifice : on aime. Des caractéristiques que l’on retrouve partout, des détails du cadre jusqu’à l’équipement. Ce VTT a été pensé pour rouler et prendre du plaisir instantanément, sans avoir à se préoccuper d’autre chose. Les passages de gaines sont bien pensés et disposent de larges inserts en alu démontables. Mention spéciale pour celle située sous le tube diagonal, devant le boîtier de pédalier qui permet d’assurer un montage, un nettoyage et un changement hyper pratique des gaines. VTT moderne oblige, le One Forty adopte logiquement le format Boost au niveau des axes de roues. A ce sujet, Merida est un des rares fabricants à monter un moyeu avant adapté au système Torque Cap. Kezako ? Tout simplement une surface de contact plus importante entre les pattes de fourche et le moyeu et qui permet d’améliorer d’une façon assez simple la rigidité de la partie avant. Bien vu !

Mini One Sixty, gros engagement !

Parce que le One Sixty est une sacrée bonne machine, il aurait été dommage que Merida se prive de l’idée de le prendre comme base en le déclinant dans une version moins extrême. C’est ainsi que l’idée du nouveau One Forty est née. Il perd logiquement 20 mm de débattement à l’arrière (l’avant étant en 150 mm) et l’allonge de la partie avant (le reach) s’est assagie. En taille L, il affiche tout de même 455 mm, ce qui reste respectable et résolument moderne. On reviendra plus tard sur le reste des mensurations, pour laisser parler les sensations du terrain. L’équipement ne laisse pas de doute sur l’orientation que Merida a donné à cette nouvelle version : c’est bel et bien plus un mini One Sixty qu’un gros One Twenty ! Entendez par là que la priorité est avant tout donnée au plaisir de pilotage au guidon d’un vélo fun et ludique. Les gros freins à disque Sram Code R à quatre pistons en sont l’exemple parfait et en disent long sur les ambitions du bestiau : pour peu d’avoir le coup de guidon qui va avec, cette machine va vous permettre de vous lâcher sérieusement en descente ! Côté suspensions, l’avant du Merida reçoit la nouvelle RockShox Revelation RC. Il ne s’agit ni plus ni moins que du châssis (excellent au passage !) de la nouvelle Pike, mais avec l’hydraulique Motion Control au lieu du système Charger. A l’arrière, l’amortisseur RockShox Deluxe RL est au format Trunnion. Au lieu d’être fixé à la biellette par un œillet, il est vissé directement sur les côtés du corps. Cela permet d’augmenter le volume de l’amortisseur sans avoir à augmenter son entraxe, et c’est particulièrement pratique lorsqu’il est monté en position verticale comme ici ! L’autre spécificité de l’amortisseur du One Forty, c’est son montage en position flottante comme sur le One Sixty. Chez Merida, on appelle cela le Float Link : en haut, l’amortisseur est fixé sur la biellette, et en bas dans le prolongement des bases, devant le point de pivot principal. Ainsi, la partie basse de l’amortisseur n’est pas fixe. Concrètement, quel est le bénéfice sur le terrain ? On vous dit tout…

Un gros joujou rigolo !

DR. B. Lacoste

Rouler sur le One Forty, c’est d’abord privilégier le plaisir et le confort plutôt que la performance. Non pas qu’il se montre énergivore au pédalage, car le placement du point de pivot principal dans la ligne de chaîne lui permet d’obtenir une suspension arrière assez neutre au pédalage, pour peu de rester assis en selle et d’adopter une cadence de pédalage régulière. Mais à son guidon, on est tenté d’aborder les ascensions en douceur, plutôt qu’à la manière forte. En état de marche (avec pédales et en Tubeless), ses 14 kg ne jouent pas spécialement en sa faveur. Et puis il y a sa petite potence et ses bases très courtes, qui demandent à être maîtrisées dès que l’inclinomètre s’affole en montée. Heureusement qu’il compense avec une motricité démentielle procurée par les pneus en 2.6 et une suspension arrière qui colle l’arrière au terrain et permet de passer vraiment partout, bien aidé par le développement de la transmission GX Eagle. A ce sujet, la patte de dérailleur de notre modèle d’essai est bien trop souple. Du coup, elle supporte mal les changements de vitesse un peu trop francs, surtout lorsqu’on se rapproche des derniers pignons où la tension de chaîne devient importante. Un détail très sensible ici, car la One Forty est montée avec une transmission qui demande à être réglée de façon très précise pour fonctionner de façon optimale. Les montées, ce n’est pas franchement le domaine où ce One Forty va s’exprimer. Son truc à lui, c’est le technique, le cassant et l’engagé ! Sortez-le pour une virée sans dénivelé et sans challenge, et vous risquez fort de le trouver insipide. Sortez de votre zone de confort, attaquez-vous à cette descente technique que vous n’aviez pas encore osé affronter et vous vous sentirez pousser des ailes. Il y a d’abord cette monte de pneus en 2.6 et ce Maxxis Minion DHR II à l’avant, qui vous donne l’impression que l’avant est rivé au sol et compte bien y rester. Le choix de cette section semble une évidence sur ce type de machine, dans la mesure où il offre une précision de pilotage bien supérieure à un pneu au format Plus en 2.8. La carcasse se déforme moins dans les appuis, on bénéficie d’une superbe précision tout en profitant du large volume du pneu en terme de tolérance, de grip et de confort. Pour profiter des avantages de cette monte de pneus, la bonne pression est primordiale. Notre conseil : optez pour un manomètre digital qui vous permettra de contrôler votre pression avec précision. Et selon votre poids et le terrain, testez différentes pressions d’air. En Tubeless, on a trouvé notre bonheur avec 1,3 bar à l’avant et 1,45 bar à l’arrière.

Sur notre terrain de jeu favori qu’est la forêt de Fontainebleau, le One Forty est impressionnant d’efficacité. Facile dans le franchissement, on profite du grip procuré par les liaisons au sol et la suspension arrière qui impressionne par sa sensibilité. Là où elle en remet une couche, c’est dès qu’on commence à lâcher les freins et à enchaîner dans le cassant. Là, le One Forty vous donne l’impression d’avoir plus de 140 mm de débattement et semble être prêt à passer partout en économisant son pilote. La suspension arrière du One Forty fonctionne tellement fort qu’à l’avant, le Motion Control de la Revelation a parfois du mal à suivre. Rien de dramatique, le niveau de performance reste très honorable !

Sur notre terrain de jeu, il est bien difficile de trouver les limites de ce Merida. Son truc, c’est définitivement la montagne, et on comprend mieux pourquoi la marque taïwanaise a opté pour des freins Sram Code, compte tenu du potentiel offert par ce châssis.

Caractéristiques

FICHE TECHNIQUE  :  Tailles : S, M, L, XL- Modèle d’essai : L – Cadre : aluminium 6013 – Fourche : RockShox Revelation RC – Amortisseur : RockShox Deluxe RL – Freins : Sram Code R, 180 mm – Dérailleur arrière : Sram GX Eagle – Pédalier : Sram Descendant 32 dents – Commande : Sram GX Eagle – Cassette : Sram XG1275, 10-50 dents – Roues : Merida Expert Boost – Pneu av. : Maxxis Minion DHR II TR EXO 27.5X2.6 – Pneu ar. : Maxxis Rekon TR EXO 27.5X2.6 – Potence : Merida Expert TR, 45 mm – Cintre : Merida Erpert TR 35, 760 mm – Tige de selle : KS LEV Integra, ø30,9 mm – Selle : Prologo Nago X20 – GEOMETRIE Taille L : Tube supérieur : 624 mm – Tube de selle : 475 mm – Angle de direction : 66,5° – Angle de tube de selle : 75° – Bases : 433 mm – Empattement total : 1 208 mm – Hauteur de boîtier : 340 mm – Reach : 455 mm – Stack : 615 mm.

Distributeur : Merida, Contact : www.merida-bikes.fr

RENDEMENT
CONFORT
MANIABILITE
STABILITE
PRIX/EQUIPEMENT

 

On aimePrise en main • Rapport prix/équipement séduisant • Géométrie • Confort et tolérance • Plus performant dans la pente mais…

On regrette…moins polyvalent • Patte de dérailleur trop souple

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