Santa Cruz 5010 C : Plaisir solitaire

Initialement prénommé Solo, le petit frère du Santa Cruz Bronson a dû changer de nom pour des raisons de copyright. C’est désormais sous l’appellation 5010 (un petit tour de magie qui permet de transformer une lettre en chiffre), que l’on peut retrouver ce joli tout-suspendu “à tout faire” disposant de 125 mm de débattement et de roues en 27.5’’.

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[tab title= »Prix »]3 399 € (kit cadre + amortisseur Fox Float CTD Kashima)[/tab]
[tab title= »Poids »]11,65 kg sans pédales)[/tab]
[tab title= »Débattement »]140 mm, déb. ar. : 125 mm[/tab]
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santa cruz 5010 c okweb

Il y a quelques mois nous avions eu l’opportunité de pouvoir tester le Bronson lors de son lancement en avril dernier, à Santa Cruz. La marque californienne nous avait alors annoncé clairement qu’il fallait s’attendre à l’arrivée de nouveaux châssis développés autour de roues en 27.5’’. Et à peine quelques mois plus tard, le Bronson n’était plus seul avec l’arrivée du Solo (désormais 5010). Là où le Bronson se destine à l’enduro avec 150 mm de débattement, le 5010 se veut plus polyvalent et se tourne vers le all-mountain avec 125 mm de débattement arrière et une géométrie un peu moins extrême. Esthétiquement, difficile d’ailleurs de faire la différence entre ces deux cadres qui partagent le même système de suspension arrière VPP (avec des roulements à contact angulaire sur tous les pivots, joints double-lèvre et graisseur intégré sous la biellette inférieure), des formes de tubes assez similaires et des solutions techniques identiques (douille de direction conique, axe arrière en 12X142 mm, fixation ISCG, patte de frein en standard international, etc…). Le 5010 a été développé en cadre aluminium ou carbone. C’est cette dernière version qui fait le plus parler d’elle et que nous avons testée dans un montage réalisé par Race Company, qui nous a intéressé à plus d’un titre, car il nous a permis de voir ce que la fourche X-Fusion Velvet, les roues Novatec Flowtrail et le nouveau groupe Sram X01 ont dans le ventre.

Schizophrène dans l’âme

Par chance, on a pu garder le 5010 de notre essai pendant trois mois. Et croyez-nous, on a eu du mal à le rendre. Pour commencer, précisons que Santa Cruz taille petit. Si vous êtes entre deux tailles, privilégiez donc une taille au-dessus, quitte à diminuer la longueur de votre potence. Sacré bon rouleur, le 5010 l’est. Il vous emmènera loin et saura surtout vous ménager, tant le confort qu’il distille est appréciable. Merci la suspension arrière VPP particulièrement sensible sur les petits impacts, sans pour autant se montrer pénalisante en terme de rendement. Un conseil, oubliez la molette de réglage CTD de l’amortisseur arrière et profitez des qualités dynamiques qu’offre ce châssis pour vous faire plaisir au pilotage. La conception du VPP permet de rouler tout le temps en position ouverte sans que la suspension arrière soit “bouffeuse” d’énergie, même sur l’asphalte. Pour tout vous dire, le seul moment où l’on en est venu à utiliser l’amortisseur arrière en mode Trail, c’est sur une piste de descente test composée de virages relevés, compressions et successions de sauts. Une piste peu accidentée, mais assez exigeante où l’on peut alors apprécier d’avoir un peu plus de charge hydraulique et de contrôle. On en vient alors à parler du côté schizophrène du 5010… Autant ce VTT est capable de vous donner des ailes sur de longues sorties par les performances et la motricité qu’il peut procurer, autant on peut retrouver les gènes du mythique Blur 4X lorsque la pente s’inverse. Une pression sur la commande de la tige de selle KS Lev et on se retrouve sur une machine capable de s’aligner sur une course de four-cross ou sur une mini DH. Monté avec une fourche de 140 mm de débattement, sa géométrie fait merveille : bases courtes, boîtier bas et angle de direction ouvert, une recette qui fonctionne. Et que dire de la précision de ce châssis et sa formidable capacité à s’inscrire en courbe ou encore survoler la majorité des obstacles ! Vif, précis et rapide comme l’éclair, ce 5010 est une arme pour qui sait le piloter. La fourche X-Fusion Velvet est l’autre bonne surprise de cet essai. Une fourche simple (air-huile, réglage de détente et blocage), qui fonctionne bien sur l’hydraulique (seulement 60 Psi d’air pour un pilote de 85 kg), elle se montre hyper convaincante dès que l’on commence à lui “rentrer dedans” grâce à une bonne gestion hydraulique en milieu de course qui lui évite de plonger excessivement sur les appuis et les freinages. 

 

[quote]Après trois mois d’utilisation dans des conditions pas toujours optimales (la boue, la boue, la boue !), mission réussie pour ce 5010 qui saura convaincre une large plage d’utilisateurs, du randonneur au long cours au pilote technique recherchant une machine capable de lui délivrer une bonne dose d’adrénaline ![/quote]

Sram X01, le petit frère

L’essai de ce 5010 était l’occasion de faire un premier bilan du nouveau groupe Sram X01, le “petit frère” du XX1 en 1X11 vitesses. Et croyez-nous, on ne l’a pas ménagé ce X01 en trois mois, avec une majorité de sorties réalisées dans la boue et le sable. Aucun déraillement à déclarer, le tout sans guide-chaîne et avec bien souvent une grosse accumulation de boue et de feuilles mortes autour du pédalier et de la couronne. Bravo. Le changement de vitesse est d’une qualité similaire à celui du XX1. Ce qui change, c’est surtout la couronne et le traitement noir de la cassette. Ce dernier a rapidement commencé à disparaître avec l’usure. Cela ne change en rien la qualité du changement de vitesses, c’est juste esthétique. Renseignement pris auprès de Sram, il s’agit des premières séries de cassettes, ce qui peut expliquer cette disparition rapide du traitement de couleur des dentures.

[quote] On aime : compromis fun/performance grisant • Confort au top • Plage d’utilisation très large
On regrette : prix élitiste • Biellette inférieure “ramasse merde”[/quote]

 

RENDEMENT
CONFORT
MANIABILITÉ
STABILITÉ
PRIX/ÉQUIPEMENT

Photos : Benjamin Lacoste & Nicolas Le Carré