Lapierre Overvolt FS : L’électrique version sport-confort !

Après l’Overvolt HT testé le mois dernier, voici la version tout-suspendue de la vision électrique du VTT chez Lapierre. Il symbolise parfaitement la nouvelle orientation vers une pratique plus sportive des VTT à assistance électrique. C’est la grosse tendance et Lapierre n’a pas loupé le coche !

Comme pour le rigide, le Lapierre Overvolt FS est doté de roues en 27.5” et d’un cadre en aluminium Suprême 6 mais qui, cette fois, s’articule autour d’une suspension arrière développant 140 mm de débattement. Une amplitude qui lui permet de s’engager dans un certain niveau de difficulté et/ou d’offrir un confort absolu, selon l’humeur ou les moyens techniques de l’utilisateur. Contrairement au HT, notre FS de test est plus en phase avec la version définitive tant au niveau du cadre que de l’équipement. Toutefois, ce modèle étant équipé d’une pré-série du moteur Bosch Performance, nous ne pourrons pas utiliser le mode “assistance à la marche”. Il devrait également être légèrement moins bruyant, pour le reste, à part des plaquettes organiques en lieu et place des fritées prévues d’origine et des jantes qui ne sont pas ici définitives, tout est Ok. Autre cadre, autre motorisation, autre comportement… Une philosophie différente, mais un équipement identique. En effet, si on retrouve les mêmes périphériques que sur le Overvolt HT, le potentiel est tout autre. Sur le papier en tout cas, le moteur Bosch Performance 400 W/h délivre une puissance supérieure de 25% (en mode Turbo) et offre une autonomie accrue. C’est toujours la console Intuvia et sa commande déportée à côté de la poignée qui permettent de gérer simplement l’ensemble des options disponibles. Comme pour le HT, les ingénieurs Lapierre ont tenté de recentrer les masses au maximum pour en minimiser l’incidence sur le pilotage. Le résultat, c’est ce cadre assez fluide et qui ne transparaît pas la lourdeur malgré ses plus de 23 kg en ordre de marche. Notez toutefois l’évolution majeure du nouveau moteur Bosch, avec son pignon de sortie de boîte qui a été réduit à 15 dents et un encombrement réduit, ce qui offre une garde au sol améliorée par rapport au Bosch Active +, issu de l’ancienne génération.

 

Lapierre Overvolt (1) okweb
© Emmanuel Molle

Un électrique agréable et sain à rouler

Comme pour le HT, le FS aura essentiellement été mis à l’épreuve sur le parcours de l’enduro du Roc d’Azur, représentatif de ce que l’on peut réaliser sur ces nouvelles machines. 30% de précontrainte, soit un enfoncement de 16 mm sur le corps de l’amortisseur, c’est le réglage préconisé pour obtenir une progressivité idéale et un équilibre avant/arrière parfait. On note la pression de 125 Psi dans l’amortisseur. C’est très peu compte tenu du poids global. En tout cas, l’usure de l’amortisseur (joints et huile) n’en sera que plus lente.

Déroutant au premier abord à cause de la potence longue et du cintre haut, on s’habitue pourtant rapidement à la position une fois en selle. Le recul de selle est important en raison du tube incliné à 72°, mais grâce à un chariot de la tige de selle non déporté, on reste dans des cotes acceptables. En tout cas, beaucoup plus que sur le cadre rigide avec sa tige de selle “suspendue” qui ne nous a vraiment pas convaincus (confort et ergonomie…). Le fonctionnement de la suspension va rapidement montrer de sacrées qualités avec notamment une superbe progressivité. De quoi dévoiler des sensations très agréables et confortables. Pas besoin d’utiliser les leviers de blocage de suspensions, même quand on est sur du plat. Ils ne prennent du sens que lorsqu’on veut pédaler sans assistance, “Off” (sans), et en danseuse. Le reste du temps on n’utilise jamais les blocages. La constance de l’assiette est globalement bonne. Le vélo ne s’affaisse pas derrière dans les côtes. En revanche, uniquement lorsqu’on utilise la motorisation pour essayer de crapahuter avec de la vitesse, le travail de la suspension forcément très sollicitée, entraîne une variation sur la tension de chaîne qui peut être désagréable. Un kick-back dont les ingénieurs ont connaissance, mais qui est jugé négligeable. Effectivement dans le cadre d’une pratique “pépère”, il l’est, mais en mode “offensif”, beaucoup moins. La fourche RockShox Revelation est excellente et en parfaite harmonie avec l’arrière. Un gros travail sur les pneus Michelin Reinforced a été apporté, offrant un plus indiscutable en matière de résistance notamment. Une question doit être émise les concernant : est-ce à cause de leur poids très supérieur aux Schwalbe montés sur notre Overvolt HT que la consommation de ce tout-suspendu a été particulièrement importante ? Le fait est qu’en utilisation normale en mode Tour (idem qu’avec le HT), l’autonomie a été de 21 km, pas un de plus ! Ça fait quand même un peu juste, même avec quelques brèves sollicitations en mode Turbo pour passer les côtes les plus raides. Un mode Turbo dont le HT s’est passé sur le même parcours. Notez que les freins ont été moyens en puissance et en endurance à cause des plaquettes organiques, mais pour la série, grâce aux plaquettes fritées, les curseurs devraient remonter.

Lapierre Overvolt (4) okweb
Emmanuel Molle

 

On note donc quelques points perfectibles sur la forme, mais globalement l’Overvolt FS reste très agréable à rouler, très sain avec une faible incidence du poids dans les enfilades sinueuses où on ne prend pas de retard. La géométrie nous a bien plu en termes d’angle de direction : le vélo se pilote très naturellement. Il tire une grande stabilité de son poids mais reste maniable. Le poste de pilotage pourrait être un peu moins éloigné, profitant de son tube supérieur déjà très long sur la taille L, qui conviendra à des gabarits très grands, mais qui demandera une potence plus courte pour les habitués de cette taille.

Vous l’avez compris, à son guidon, on pilote avec le sourire. On saute, on attaque dans les descentes, on profite du grip énorme en côte, mais attention : avec ce braquet on arrive parfois en limite de cadence de pédalage et souvent, l’assistance moteur qui coupe à la vitesse légale de 25 km/h est vite atteinte…

Photos Emmanuel Molle

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Journaliste & photographe