Moots Cinco : pour rouler autrement

Le Moots Cinco représente le summum en termes de qualité de fabrication. Au-delà du plaisir de rider sur un objet rare, on apprécie ce vélo joueur et facile à emmener partout, même si on apprécie le matériau exceptionnel du cadre, le titane…

Un homme d’affaire habitué a évoluer dans ce monde de concurrence se demanderait même si cette entreprise est viable. En fait, cette marque qui fête ses 26 ans est la propriété d’une personne très riche et qui développe d’autres activités, comme de grands vignobles. Donc, se désintéressant d’une certaine manière du retour sur investissement… Formidable pied-de-nez au reste du monde, non ? Si vous passez dans ce coin du Colorado, Steamboat Spring très exactement, vous serez très bien accueilli puisqu’un un logement est prévu pour les clients de passage ! Bon, à 4 500 euros le cadre, il faut bien fabriquer ces VTT à la chaîne pour être rentable, non ?

Une fabrication artisanale pour un VTT d’exception, voilà la philosophie de Moots

Eh bien non, même pas ! Seulement 500 cadres, composant une gamme de quatre 26 pouces et trois 29 pouces, sortent de cette usine à l’aspect extérieur un peu vieillot. Ne vous fiez pas : à l’intérieur, c’est du grand art, les ouvriers sont hyper qualifiés et le maître mot est qualité. Ici, le temps consacré à la réalisation importe peu. Le Cinco, testé dans la superbe région de Ramatuelle (Var), est composé d’un avant en titane Reynolds 3.2.5 et d’un bras oscillant en aluminium Ventana 6061. Ce n’est pas dans l’architecture archi-connue de la suspension qu’il faut chercher l’innovation mais dans cette réalisation n’autorisant aucun oubli ni laisser-aller. Le titane est magnifiquement soudé. Pas de renforts ajoutés ni de tubes hydroformés : les tubes sont coupés au millimètre. Un cordon de soudure vient les relier avec le seul apport de matière nécessaire pour les réunir.

Le bras oscillant, en aluminium Ventana 6061, est composé de tubes ronds et de pièces usinées, telles que le yoke et le wishbone. Pas de bras asymétrique, pas de frime dans les formes : c’est simplement beau et très fonctionnel. Après tant d’émotions à la vue de ce cadre, on en vient à regretter les autocollants, pas vraiment funky, l’insigne sur le tube de direction se révélant quant à lui splendide. A l’usage, ce Moots Cinco n’est pas meilleur ni moins bon qu’un ténor de la catégorie. Le titane n’apporte pas grand-chose dans le comportement mais c’est un VTT très joueur malgré ces angles « américains ». Il est facile à mettre en action, répond vite aux coups de pédale, motrice fort et grimpe aisément, sans pomper en position assise. En danseuse, il faut actionner le ProPedal si on ne veut pas perdre en rendement et jouer les sauterelles. Les descentes sont un régal avec une grosse capacité à sauter au moindre obstacle et à partir en roue arrière, juste pour le fun. La stabilité est surprenante, même à 50 km/h dans les singles pierreux, et un grand confort vous fera découvrir des horizons lointains.