La MBF, les Brigades Vertes : le bilan 2009

Vous les avez peut être remarqués lors du Roc d’Azur, ces VTTistes revêtus de leur tenue Brigade Verte ? Non ? Pourtant, ils oeuvraient dans notre ombre pour laisser place nette après le rush du salon. Explications avec Julien Rebuffet, des MCF, qui dresse un bilan peu flatteur pour notre sport « vert »…Il nous parle aussi de la Mountain Bikers Foundation, ses actions, ses victoires, ses projets.

– Si on prend par exemple l’édition de la norme AFNOR pour les pistes de descente, quel sera l’impact de ce dossier gagné par la MBF ? Cela va amener une hausse de la qualité de l’offre des stations puisque tous les pratiquants vont pouvoir retrouver le même type d’information dans toutes les stations. Les pistes vont être évaluées de la même manière, selon les mêmes critères, les panneaux seront les mêmes et signaleront la même chose. Exemple avec un panneau »saut» qui sera à la même distance du saut en lui même et il sera identique partout alors qu’avant on trouvait tout et n’importe quoi pour signaler un danger sur la piste. Avec une signalétique homogène, ce sera plus sûr et plus facile en pratique; rouler sur une piste verte qui l’est vraiment est un gage de sécurité.

– Pour 2010, la MBF va embaucher un salarié à temps complet, qu’est ce que cela va changer ? Les bénéfices de l’année 2009 devrait permettre effectivement cette embauche qui va changer notre travail. Il faut bien savoir que la MBF fonctionne uniquement sur du bénévolat de la part des Moniteurs Cyclistes Français ( MCF), qui ont un autre emploi en parallèle. Nous sommes désormais une grosse association avec une vingtaine de mécènes et près de 400 adhérents, il faut gérer tout cela au quotidien. Un salarié à temps complet va pouvoir gérer l’administratif qui nous prend beaucoup de temps.

– L’opération Brigades Vertes lors du Roc 2009 s’est avérée utile malheureusement ?Oui, malheureusement comme vous dites. On peut voir les choses de deux manières. Si on fait le ratio par rapport au nombre de pratiquants (16000, ndlr), les déchets ramassés sont minimes avec environ 100 Kg. Cela dit, c’est déjà trop, même un seul papier par terre. On a surtout vu une nette différence entre une compétition et une randonnée. Les pilotes proffessionnels sont moins regardants par rapport à ce qu’ils laissent derrière eux, par terre. En relativisant, on peut se dire qu’ils sont là pour bosser et qu’il peut arriver qu’un gel tombe du maillot ou qu’un bidon tombe du VTT. Mais quand on voit une chambre à air ou une cartouche de Co2, on se dit qu’en réparant, à l’arrêt donc, on peut prendre le temps de mettre ça dans une poche. Mais cela n’enlève en rien le caractère polluant de ces gestes. Les randonneurs sont beaucoup plus préocupés par la nature à ce niveau.

– Un dernier mot pour conclure et présenter les actions en 2010 ?Il faut signaler que la MBF est bien devenue indépendante des MCF qui ont aidé à sa mise en place depuis le début. L’embauche d’un salarié en 2010 devrait asseoir cette indépendance pour de bon. Quant à 2010, nous allons travailler dans la continuité. Certains dossiers ne sont pas bouclés, comme celui des sentiers interdits aux VTT. Nos succès pourraient faire jurisprudence à terme, ce serait idéal pour nous et pour tous les pratiquants. Mais faire évoluer la loi est très long, nos avocats travaillent dans ce sens. Nous allons développer nos actions, mais se sera aussi en fonction de nos moyens, fournis essentiellement par nos mécènes. Sans argent, pas d’actions, c’est comme cela que cela fonctionne de nos jours. Outre l’argent, nos mécènes font partie intégrante de la MBF au conseil d’administration et ils actent par leurs moyens respectifs pour faire avancer nos dossiers. Sans eux, nous ne serions pas là, c’est évident.