Home ESSAIS B’Twin Rockrider 560S : vive la balade active !

B’Twin Rockrider 560S : vive la balade active !

On a coutume de dire que pour avoir un bon VTT de rando-sportive, il faut débourser 1 000 euros pour un semi-rigide et 1 500 pour un tout-suspendu. Mais qu’en est-il pour un tout-suspendu à moins de 1 000 euros. C’est ce que nous avons voulu savoir en prenant le guidon du RockRider 560S, le 120 mm de la gamme B’Twin.

Prix : 900 € | 14.10 kg en taille M sans pédales | Débattement av. : 120 mm | Débattement ar. : 120 mm | usage : Vallonée – rando-sportive

Depuis plusieurs décennies, Decathlon est un acteur important dans le monde du vélo. Distributeur de la marque B’Twin, il écoule un nombre impressionnant de vélos dans ses magasins. Pour vous donner une idée on parle ici en millions d’unité. Pour vous donner un exemple concret, le modèle qu’ils vendent le plus en France correspond à la production totale d’une marque comme Lapierre. Gros ? Oui très gros. On dit souvent que la marque est souvent choisie comme premier achat pour un VTT. Rien d’étonnant donc que l’on trouve autant de 560S sur les chemins. Affiché près de 600 euros de moins que la plupart des premiers prix en matière de tout-suspendu des marques spécialisées, Il présente pourtant de bon atours. Déjà, ses lignes sont harmonieuses, et arbore fièrement ses 120 mm de débattement autour d’une suspension simple, un monopivot dont le point de rotation est placé très en avant du boitier de pédalier et sous la ligne de chaine lorsqu’elle est sur le grand plateau. Concrètement, cela laisse déjà présager du confort de la suspension arrière plus que son rendement.

En selle, la position étonne. Clairement, le cadre paraît court pour un taille M, ce qui impose une potence de 80 mm pour trouver une bonne allonge. Dire que c’est une coupe vieillotte n’est pas mentir, surtout à une époque où l’on a tendance à allonger le tube supérieur et réduire la taille de la potence. Pour autant ici, nous ne sommes pas allongé sur le vélo. En effet, la colonne de direction est très haute, ce qui relève complètement le torse, de quoi flâner plus que jouer le chrono. Du coup, avec une telle hauteur (malgré la potence au plus bas), on a l’impression de rouler sur un vélo qui aurait au moins 150 mm de débattement devant… Le côté positif de la chose c’est que la direction est de fait très vive, ce qui permet de donner beaucoup de maniabilité au vélo dans les passages sinueux lents. Et vu que l’angle de direction n’est pas très ouvert, on peut facilement faire un demi tour sur un chemin sans devoir poser pieds à terre. Le côté négatif c’est qu’il est impossible de vraiment rouler vite même si ce vélo a les capacités à rouler car il n’a aucun frein pour prendre de la vitesse. C’est la position du pilote qui n’y incite pas. De même, la direction donne l’impression de ne jamais être stable. On a la sensation de guidonner tout le temps dans l’avant est vif. Par contre, on ne comprend toujours pas la présence de ce cintre en 660 mm de large. Non seulement il n’offre pas des appuis corrects pour bien tenir le vélo,notamment en descente, mais en plus sa forme est très bizarre puisqu’il part vers l’avant pour retourner vers l’arrière et s’effondrant vers le bas…

La motricité et le confort sont les principaux atouts de ce 560S. Pour le rendement, c’est une autre histoire.

Du côté de la suspension arrière, comme le laissait entendre sa physionomie, elle distille un très bon confort, et un grip de la roue au sol très performant. Aussi, malgré le poids de l’engin, on peut vraiment envisager de belle balade sans avoir peur d’avoir le dos en vrac. Néanmoins, les ingénieurs par souci de facilité d’usage, n’ont pas estimé devoir proposer de réglages sur leur amortisseur (à part un blocage inutile). Alors, oui, vous devez tout de même régler le volume d’air en fonction de votre poids, mais c’est tout. Point de réglage de détente par exemple ! En gros, les ingénieurs ont estimé un réglage type, pour vous. Problème, à notre goût, elle est trop rapide si bien qu’elle renvoie trop vers l’avant notamment au pédalage, entrainant un effet désagréable de va et vient. Pire, elle renvoie des vibrations désagréables, aigües (les pires) à chaque retour à la position initiale de l’amortisseur. Par contre, lorsque nous avions découvert le vélo, nous pensions que cela allait être un gros problème sur les réceptions de sauts, et bien non. Le circuit de détente rapide est lui parfaitement calibré. Vous pouvez mal réceptionner un saut, atterrir un peu violent sur l’arrière, vous ne serez pas projeté vers l’avant. Parfait ! Continuons sur cette suspension. Pas de surprise, elle pompe dès que l’on se met en danseuse. Certes vous pourrez toujours la bloquer, enfin… si vous arrivez à mettre en action rapidement la manette rotative en bout de la poignée. Si sur le papier le concept est intéressant, dans les faits, en plus d’allonger la poignée gauche, la mise en action n’est pas aisée. Bon, de toute façon, vu qu’il s’agit d’un vrai blocage, le vélo devient un bout de bois (la manette bloque l’avant et l’arrière), et l’on perd toute la motricité nécessaire pour avancer. La roue arrière saute sur tous les obstacles. Au final, on ne bloque rien, on reste en selle, et on appuie sur les pédales bien en ligne, les fesses contractées sur la selle. Un mot d’ailleurs sur cette selle. Lorsque ce vélo nous a été présenté, les ingénieurs avaient insisté sur l’ergonomie de la selle. Et bien si l’assise de la selle paraît surprenante les deux premiers kilomètres, elle se fait complètement oublier après, ce qui est plutôt un bon signe. Du coup, on est bien dans le programme confort du 560S. Mais revenons à notre suspension arrière. Dans les cotes, le vélo motrice très bien, le grip apporté au pneu est vraiment bon.

La suspension arrière motrices superbement en monter même si elle le fait payer par un peu de tension dans sa chaine (kickback). Mais quelle motricité ! La contre-partie vient une nouvelle fois de la géométrie : on doit vraiment baisser son centre de gravité pour contre carrer l’avant trop haut, qui n’a qu’une envie dans les pentes très positives, c’est de faire décrocher votre roue avant. Il faut alors jouer des coudes pour conserver la bonne assiette et arriver en haut de la bosse.

En descente, il faut reconnaître que ce n’est pas forcément sa tasse de thé. Le cadre manque de rigidité latérale, notamment dès que l’on aborde des virages en appuis, où qu’il faut passer d’une trajectoire à une haute. Après son côté compact, le rend assez joueur pour qu’il sait le tenir en laisse. Attention à ne pas vous laisser surprendre par les freins Tektro. Non pas que la puissance de freinage ne soit pas là, au contraire, mais plus sur l’ergonomie du levier de frein qui ne permet pas de le tenir correctement. En effet, même au plus près du cintre, une personne qui a une gros poigne, aura du mal à agir correctement sur le levier. On n’ose imaginer celle/celui qui a une petite main… De plus, la suspension du 560S a tendance à se bloquer au freinage, ce qui fait que la roue arrière ne grip pas au sol et allonge les distances de freinage. A savoir avant de vous lancer à corps perdu dans la pente, d’autant qu’il faudra surveiller les pneus qui n’aiment pas les rochers ou racines humide. Une gomme dure c’est bien pour longévité, mais moins pour le grip.

Enfin un mot sur la transmission. Le plateau supérieur est un trop grand ce qu’il fait qu’avec la cassette arrière qui ne monte pas très haut, on est toujours entre deux plateaux. Alors au début, dans les côtes, on opère de manière très scolaire le changement de plateaux vers le petit, à la fin, on reste sur le petit plateau, sauf sur les longs bouts de lignes droites où l’on peut enquiller le grand.

Un bilan ? Sincèrement, j’admire encore plus les gens que je croise sur des événements sportifs qui sont équipés de ce destrier. Lourd, offrant un rendement limité, il joue à fond la carte du confort pour amener son pilote (motivé) à l’arrivée.

Caractéristiques

FICHE TECHNIQUE : Tailles : M, L, XL – Modèle d’essai : M – Cadre : Aluminum 6061 – Fourche : RockShox 30 Silver – Amortisseur : X Fusion O2 Pro L – Freins : B’Twin by Tektro, ø180 mm – Dérailleur avant : Shimano Deore – Dérailleur arrière : Shimano Deore, 10vit. – Pédalier : Shimano Deore, 24/38 dts – Commandes : Shimano Deore – Cassette : Shimano Deore, 11/36 – Roues : B’Twin Aero Trail Pro – Pneus : Hutchinson Taipan, 27.5×2.20 » – Potence : B’Twin, 80 mm – Cintre : B’Twin Sport, 660 mm – Tige de selle : B’Twin Sport, ø31,6 mm – Selle : B’Twin Ergofit Evo – GEOMETRIE taille M : Tube supérieur : 580 mm – Tube de selle : 445 mm – Angle de direction : 69° – Angle de tube de selle : 75° – Bases : 438 mm – Empattement total : 1118 mm – Hauteur de boîtier : 335 mm – Reach : 420 mm – Stack : 610 mm.

Distributeur : Decathlon, Contact : www.btwin.com

RENDEMENT
CONFORT
MANIABILITE
STABILITE
PRIX/EQUIPEMENT

On aime : Belle motricité, Confort de roulage,

On regrette : Cintre trop court, Géométrie « à l’ancienne », Gomme trop dur des pneus (bien pour la durabilité pas pour le grip sur le mouillé).