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Votec VF 195 Elite : prix et poids plume pour envoyer du lourd !

Votec est une des nombreuses marques germaniques à n’être disponible que sur le Web. Pas surprenant alors que les prix affichés soient à tomber, mais qu’y a-t-il derrière ? C’est ce que nous avons voulu savoir en testant le Votec VF 195 Elite, le fleuron dédié à la descente !

Votec VF 195 Elite (1)
DR S. Boué

[Htab][tab title= »PRIX »]3199€[/tab][tab title= »POIDS »]16,08 kg[/tab][tab title= »DEBATTEMENT »]Déb. av. : 200 mm | Déb. ar. : 195 mm[/tab][tab title= »USAGE »]Compétition, montagne.[/tab][/Htab]

Impossible de ne pas commencer ce test par un petit coup de fil incognito sur le Numéro Vert du site Bikester.fr. Un conseiller français me répond en moins d’une minute, j’imagine que ça peut être variable et que j’ai certainement eu un peu de chance… Je me présente comme un acheteur intéressé par le VF195 Elite et joue les abrutis, posant plein de questions, certaines un peu débiles du style : « comment on accroche les roues… » Patiemment il m’explique tout. Seule carence dans ses connaissances, je lui apprends que le vélo est garanti dix ans et non cinq comme il le pense. La communication est de mauvaise qualité, il propose de me rappeler sans me demander mon numéro qui a dû s’afficher et être enregistré selon toute vraisemblance. Un numéro allemand, c’est mon ami. Quelques questions plus tard, je sais que les bureaux du site sont à Stuttgart et que le magasin en ligne les partage avec la marque Votec qui appartient en fait au site. Contrairement à Canyon, par exemple, il n’y a pas la possibilité d’aller sur place récupérer son vélo monté. J’apprends qu’il arrive avec roue avant, guidon et tige de selle démontés (ce que je sais pour avoir déjà reçu le vélo) et que si j’ai un problème, je vais chez un détaillant puis je leur envoie la facture : inédit mais vrai. Attention, le vélo est livré sans pédales.

Du bon matos

Et ce petit vélo, qu’est-ce qu’il a à nous dire, lui ? Déjà le vert néon, ça pète ! Autre sensation, le moment de la pesée : à peine plus de 16 kg pour un alu à ce prix et sans concession sur le matos, c’est remarquable ! On note rapidement la présence de plots pour la fixation d’une gaine sous le tube supérieur. C’est ce que je crois ? En effet, Votec a eu la bonne idée de permettre le montage d’une tige de selle télescopique. Encore rare sur un DH, il y a fort à parier qu’on verra l’option se généraliser. Une bonne solution pour les portions roulantes de transition où on s’oxyde généralement les cuisses à pédaler assis sur la roue arrière voire pour les parties de pédalage sur un parcours de DH et à l’exemple de certains tracés de Coupe du monde, on sait que ça peut arriver. De là à franchir le pas… Le VF est allemand, mais il n’en a pas trop le style. Les tubes sont travaillés en forme et diamètre, tandis que la courbure de la grosse biellette supérieure de la cinématique de type 4 linkage est un trait d’union harmonieux entre l’avant et l’arrière. On est sur un boîtier en 73 mm fileté tout ce qu’il y a de plus traditionnel pour la commodité de service. La douille conique joliment travaillée coiffée du sigle de la marque n’est pas sans rappeler celui des Chevrolet Corvette : du plus bel effet. Douille conique, mais un montage avec un pivot de fourche droit en 1”1/8 constant, qui permet de monter un jeu de direction angle set, si à l’usage les 64,7° de l’angle devaient être corrigés. Ce ne sera pas le cas. On remarque une large ouverture sous la base du tube inférieur. Une ouverture sans laquelle on ne pourrait pas ajuster la molette rouge qui gère la détente sur l’amortisseur RockShox Vivid Air R2C. En revanche, il expose aussi cette partie de l’amortisseur à toutes les projections de la roue avant. Un capot amovible de protection aurait été judicieux. L’arrière utilise un serrage RockShox Maxxle qui facilite les manipulations sans rien compromettre à la rigidité du triangle. On remarque que la patte arrière droite dispose d’un épaulement qui évite à la chaîne de sortir du petit pignon parce que les haubans sont désaxés sur l’avant par rapport au centre du moyeu. L’équipement est très pertinent, privilégiant la qualité des roues, les suspensions et le freinage. Ainsi on trouve un couple RockShox Boxxer et Vivid Air qui promet, tout autant que les puissants Aivd Code et les solides roues Easton Havoc.

Ride It !

Il faut bien avouer que si le montage est d’excellente facture, les suspensions peuvent nécessiter un brin de méthode et de connaissance afin d’un tirer le meilleur parti. On commence par faire la pression du magnifique Vivid Air : 180 psi et 35% de précontrainte pour commencer, on verra ensuite. Pour le reste des molettes, on ouvre tout (compression basses vitesses au minimum et détente rapide), on ajustera progressivement ensuite. On reprend soin de dévisser la détente qui gère les impacts de grande amplitude via une petite BTR située à côté de la molette de compression bleue. Idem pour la fourche sauf que là, le ressort medium rouge calibre directement la précontrainte, même si on peut alléger la précontrainte en enlevant des cales ou en dévissant au maximum le Bottom Out (ou progressivité). On ouvre tout et c’est parti.

Premier point, pour une taille L, il est dans la limite basse en longueur de top tube et plus important en Reach. Il se pilote néanmoins assez naturellement parce que l’angle n’est pas extrême. C’est surtout dans la pente et les gros freinages frontaux que les grands gabarits risquent d’avoir du mal à gérer la stabilité avant/arrière, d’autant que ça plante sévère ! On s’habitue très vite au large cintre plat. La Boxxer est un produit bien connu et on s’attend à du tout bon, mais là bizarrement, elle semble marquer le pas sur l’arrière. Incroyable mais vrai, RockShox a réussi le tour de force de sortir une technologie air plus sensible et onctueuse que sa propre technologie ressort ! Ce n’est pas la fourche qui pèche, c’est l’amortisseur qui, sur cette cinématique là en tout cas, est hallucinant. Quelle douceur de contact avec le sol ! Même sur les impacts très rapprochés il suit sans problème, sans jamais saturer. Il encaisse sans jamais procurer l’impact de la fin de course atteinte tout en profitant d’une grande sensibilité. Voilà de quoi offrir une vraie valeur ajoutée grâce à ce double réglage de détente pour les chocs, de compressions ou encore d’enfoncement sur les petites et grandes amplitudes comme un appel de saut ou une réception à plat. Le réglage de fin de course de la détente fermé de 3 clics sur 6 depuis la position ouverte/rapide apporte juste ce qu’il faut de stabilité en cassant l’effet “catapulte” que la gestion de la détente de début de course ne peut pas toujours suffisamment absorber. D’ailleurs elle sera fermée de 4 clics sur 13 depuis la position ouverte/rapide. Pour arriver à un résultat le plus en phase possible entre l’avant et l’arrière, il aura fallu adapter les réglages de la fourche avec une fin de course fermée de 10/21 clics et de 10/23 sur le début de course de la détente.

Votec VF 195 Elite (5)
DR S. Boué

Ainsi ajusté, le VF 195 aura été vraiment très sain à piloter. Pour ce qui est des compressions, c’est fonction du niveau technique, de la vitesse, du type de parcours et de la capacité physique du pilote à tenir son vélo, donc difficile de donner un calibrage universel, contrairement à la détente qui est surtout liée la puissance du ressort, qu’il soit à air ou hélicoïdal. Outre une bonne faculté de prise en main et une géométrie plutôt permissive et naturelle pour le commun des mortels, même dans les sections lentes et sinueuses, on remarque que le grip des Schwalbe Hans Dampf n’est pas totalement en phase. Ni le grip, ni, élément qui confirme le premier point, l’usure. L’arrière en gomme Trail Star paraît encore presque neuf malgré un nombre conséquent de runs. Signe que la gomme est plutôt dure, ce qui, par ailleurs, favorise le rendement et le roulage pur qui est ici de bon niveau. En revanche, le grip de la gomme Vers Star du pneu avant est convaincant même si, plus logiquement, elle se désagrège très lentement. En revanche, on note la bonne solidité de la carcasse Super Gravity, quoi qu’un peu trop rigide/raide. On peut dire que pour un gabarit de pilote jusqu’à 1,80 m, le VF195 peut être un super vélo pour aller taquiner le chrono en coupe de DH, quelle qu’elle soit. En revanche, il peut s’avérer un peu court pour les très grands. Un peu comme pour le Nukeproof Pulse présenté dans le numéro 44 de Ride It. Pour le reste, avec un tel comportement, il y a fort à parier que du pilote ou de la machine, ce ne soit pas lui le maillon faible…

Caractéristiques

 FICHE TECHNIQUE : Cadre : aluminium 6061-T6 – Fourche : RockShox Boxxer R2C2 Ressort – Amortisseur : RockShox Vivid Air R2C – Freins : Avid Code R ø 203/180 mm – Pédalier : Truvativ Descendant, 170 mm – Couronne : 36 dents – Dérailleur : Sram X.9 – Cassette : Sram X7 11-26, 10v. – Roues : Easton Havoc – Pneus : Schwalbe Hans Dampf Super Gravity 26×2.35 – Cintre : Syntace Vector High 5, 800mm  – Potence : Gravity Light DM, 50mm – Tige de selle : Votec – Selle : Votec – Tailles disponibles : S, M, L – Modèle d’essai : L – GEOMETRIE :  Tube supérieur : 597 mm – Tube de selle : 480 mm –  Bases : 422 mm – Empattement : 1 203 mm – Angle de direction : 64,7° – Angle de selle : 73,8° – Hauteur du boîtier de pédalier : 365 mm – Reach : 422 mm.

Distributeur : www.bikester.fr

[quote]On aime : le poids, l eprix, les 10 ans de garantie, le montage cohérent, le guide pour gaine de tige de selle télescopique
On regrette : une seule couleur.[/quote]

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