Home ESSAIS Radon Skeen 27.5 120 8.0 : Bon à marier

Radon Skeen 27.5 120 8.0 : Bon à marier

Depuis quelques années, Radon Bikes a fait de gros progrès pour transformer son image très germanique en un produit plus européen. Le Skeen 29 » testé l’année dernière nous avait déjà convaincu, mais sa variante en 27.5 » saurait-elle en faire autant  ?

DR T. Zaniroli
DR T. Zaniroli

[Htab][tab title= »PRIX »]2075€[/tab][tab title= »POIDS »]12,95 kg sans pédales en taille M[/tab][tab title= »DEBATTEMENT »]Déb. av. :120 mm | Déb. ar. : 120 mm[/tab][tab title= »USAGE »]rando-sport, vallonné, plaine.[/tab][/Htab]

 

On ne présente plus Radon Bikes, la seconde marque de VTT allemands arrivée en France avec pour caractéristique d’être en vente par Internet. Il en ressort un rapport prix/équipement qui n’est pas pour déplaire au consommateur. D’ailleurs, cette nouvelle version du Skeen ne fait pas exception. A tout juste 2 000 €, Radon propose un produit doté des suspensions Fox dernier cri, ou encore un panachage du groupe Shimano XT M8000, donc le dernier modèle tout juste sorti et du Deore pour les freins. Et que dire du train roulant avec des DT Swiss M1900 Spline avec ses jantes bien larges et légères, pour que le pneu puisse s’exprimer naturellement sur le sol ! Pour autant, la marque ne se contente pas de faire de l’apparat. En effet le cadre n’est pas en reste. Il reprend tout ce qui a fait le charme du Skeen 29 pouces. Cela commence par une qualité, et une épaisseur de la peinture à faire pâlir la balance, mais qui vous garantira une bonne tenue dans le temps. Cela passe également par l’adoption de la plupart des standards modernes. On retrouve donc des passages de gaines internes particulièrement bien pensés et faciles à mettre en œuvre, ou encore des axes traversants (12×142 mm à l’arrière et 15×100 mm à l’avant), une patte de frein Postmount qui permet de monter des disques en 180 mm de diamètres, ou encore une douille de direction conique. La suspension est directement dérivée du Skeen 29, donc pas de surprise, on retrouve même la biellette en carbone. Seul le débattement est recalibré en rapport du diamètre de roues. Il est donc porté à 120 mm (contre 100 sur le Skeen 100). Le cadre est annoncé à 2,48 kg avec l’amortisseur, ce qui est dans la bonne moyenne. Cela permet à cette version 8.0 d’afficher 12,95 kg sur notre balance. Reste quelques interrogations : comment va fonctionner le pédalier RaceFace Aeffect avec la transmission Shimano XT dernière génération, est-ce que l’on pourra baisser suffisamment le poste de pilotage vu que le vélo est doté de ce fâcheux capot de direction FSA trop haut, et est-ce que cette géométrie avec seulement 69° de direction et des bases de 435 mm, suffira pour faire de ce VTT annoncé pour le marathon un produit sympa à piloter…

Une neutralité qui passe partout

Potence mise au plus bas, potence inversée, voilà un premier pas pour trouver une position qui soit en adéquation avec le programme. Le tube supérieur ne paraît pas trop long, mais c’est trompeur. Le reach est long et impose d’avancer la selle pour trouver sa position. Heureusement les ingénieurs n’ont pas jugé bon de mettre une tige de selle à déport, à contrario nous n’aurions pas pu trouver place pour pédaler convenablement. Ça tombe bien, il est quand même fait pour ça ! Et les premiers kilomètres semblent être de bon augure.

Question amorti, n’espérez pas retrouver le velouté d’un Santa Cruz TallBoy, même si à basses vitesses les petites variations du terrain sont très bien prises en compte. Le Radon est globalement confortable, et l’accord avant-arrière n’impose pas de jouer avec les manettes de durcissement des suspensions, mais lorsque l’allure s’accélère, ces mêmes petites variations sont plus sèchement amorties (tout en restant dans le tolérable). Reste que lorsque l’on attaque les gros chocs, là, c’est une autre histoire. Le vélo n’est pas fait pour ça. Il manque clairement de la retenue en milieu et fin de débattement tant ça tape au fond. Alors certes, on pourrait compenser en mettant un peu plus d’air dans l’amorto arrière (nous avons opté pour 150 psi, pilote de 75 kg), mais nous aurions perdu du confort global. Tant pis, on fera avec… On fera aussi avec les pédales qui du coup viennent souvent au contact du sol. Déjà parce que le boîtier de pédalier est vraiment bas pour un tout-suspendu, et ensuite, parce que si la suspension arrière s’enfonce un peu trop vite, il faudra faire attention à ne pas pédaler à ces moments-là au risque de souvent toucher les racines et autres rochers.

Un bout de ligne droite et voilà une occasion de lâcher les watts. En danseuse, le vélo contient bien ses mouvements d’oscillation de la suspension arrière, et même si le cadre ne montre aucun signe de torsion, il ne bondit pas comme un jaguar sur sa proie. Il accélère, voilà tout. Les roues ne sont pas à mettre en cause puisque même avec des plus dynamiques, la différence n’est pas signifiante. Non, le cadre est peut-être trop rigide. En tout cas, une chose est certaine : c’est fou comme on s’ennuie sur les lignes droites avec ce type de vélo en 27.5 ». Oh certes, il pédale, je dirais même plus, il pédale très bien, mais avec ces petites roues, on a du mal à voir les kilomètres défiler… Définitivement, le Radon préfère les virages aux lignes droites. Les changements de cap brusques ne sont pas pour autant sa tasse de thé. Le train arrière n’est pas volontiers joueur. Cependant la direction cherche à mordre la corde de chaque virage avec gourmandise, et ça c’est bon. D’autant que l’on peut profiter du grip du Schwalbe Nobby Nic en 2.25 à l’avant qui s’accroche au sol comme un chien à son os. Entre deux virages serrés, il accepte de se relancer à basses vitesses sans broncher. Lorsqu’une ascension se profile, le Radon n’est pas en queue de file, bien au contraire. La motricité est là, et le tube de selle particulièrement redressé, associé aux bases longues et au boîtier bas, permet de grimper sans se poser de question. Il faut vraiment être dans un raidard avec une montée en épingles pour sentir l’avant décrocher. La transmission en double plateau vous permettra de passer toutes les épreuves sans devoir forcer sur le cardio. Mais attention, si vous croisez trop (grand plateau et grand pignon arrière), vous risquez d’avoir quelques surprises. La ligne de chaîne n’est pas au top, du coup, la chaîne descend violemment sur le petit plateau. Bilan, vous risquez de tout casser (nous avons tordu la chaîne…). Il faudra donc être vigilant et ne pas croiser lorsque vous êtes sur le grand plateau. Reste la descente, et là, si la stabilité est vraiment au rendez-vous grâce à sa boîte de pédalier basse et à son empattement, en revanche comme pressenti, son petit 69° à l’avant ne permet pas de jouer dans la pente. Difficile de suivre un Sunn Kern SL par exemple (testé dans ce numéro). Rien n’à faire, il aura toutes les peines du monde à suivre son rythme dans cet exercice. Une surprise ? Pas vraiment. Le Radon est un vélo sage, qui s’adresse au plus grand nombre.

Une alternative

DR T. Zaniroli
DR T. Zaniroli

Le plus épatant sur ce vélo n’est donc pas son comportement qui est pour le moins aseptisé. Pas mauvais partout, pas super bon non plus, il fait son job, et plutôt bien. Non, le Radon s’apprécie grâce à son rapport qualité/prix qui montre que les marques allemandes, grâce à la vente sur Internet, ont encore quelques atouts dans leurs poches.

Le Radon Skeen 27.5 120 8.0 se place comme une alternative au Canyon Nerve Al 8.0 27.5 », qui n’était toujours pas disponible au moment où nous écrivons ces lignes, alors que le Radon l’est. Cependant, contrairement à la marque de Bonn, le Canyon a déjà opéré sa mutation vers une pratique plus fun, avec notamment des bases bien plus courtes, du VTT. Cette touche plus “Europe méditerranéenne” n’est pas encore à l’ordre du jour du Radon même s’il a déjà compris qu’un boîtier bas offrait plus de stabilité en descente, tout comme un reach plus important. Mais il s’impose aussi comme une autre alternative à une marque plus répandue en France, B’twin. En effet, la marque française a du mal à aller chassé sur du produit moyen haut de gamme sur ce segment de marché puisque son RockRider 740 doit se contenter d’un équipement assez pauvre pour un usage régulier du vélo.

Ce qu’il faudrait changer

Sans hésitation, troquez la selle Selle Italia X1 pour un modèle plus ergonomique. Cette selle d’origine est une torture dont la forme et le manque de confort ne favorisent pas un bon pédalage. Vous pouvez également, pour quelques euros de plus, changer les poignées qui sont particulièrement dures, et donc n’amortissent rien. Au moins, elles offrent un bon grip… Le dernier point concerne le cintre. Par rapport à l’usage de ce vélo, sa largeur de 740 mm est trop importante. Il ne faudra pas hésiter à le couper à 720 mm, voire à le changer si vous n’adhérez pas à sa forme. Enfin, pour pinailler, vous pourriez même vous autoriser une potence de 60 mm. Autre point, notez que le Radon possède un reach moderne (plus long qu’autrefois), et une petite potence vous offrira une meilleure position notamment en descente où le vélo manque d’angle à l’avant. Enfin, il y a cette habitude d’amener les pédales/manivelles au contact avec les racines et autres rochers. Déjà, pensez à mettre des caches protège-manivelles (Zefal, etc…). Une autre option serait de mettre une fourche en 140 mm de débattement. Une idée farfelue ? Non. Cela vous permettrait de gagner un bon degré de direction, et ça ne lui ferait pas de mal, et de rehausser un chouia la boîte de pédalier. Le top  !

Caractéristiques

FICHE TECHNIQUE : Tailles disponibles : 16, 18, 20, 22 » – Modèle testé : 18 » – Cadre : aluminium 7005 – Amortisseur arrière : Fox Float DPS Performance -Fourche : Fox 32 Float Performance – Freins : Shimano M615, ø180mm – Dérailleur arrière : Shimano XT M8000 – Dérailleur avant : Shimano XT M8000 – Pédalier : Race Face Aeffect SL, 26/36 dents – Commandes : Shimano XT M8000 – Cassette : Shimano XT M8000 , 11- 40 dents – Roues : DT Swiss M1900 Spline – Pneus : Schwalbe NobbyNic, 27.5X2.25 » – Cintre : Race Face Turbine, 740 mm – Potence : Race Face Evolve, 70 mm – Tige de selle : Race Face Evolve, ø30,9 mm – Selle : Selle Italia X1 – GEOMETRIE : Tube supérieur : 595 mm – Tube de selle : 470 mm – Angle de direction : 69° – Angle du tube de selle : 75° – Bases : 435 mm – Empattement : 1145 mm – Hauteur du boîtier de pédalier : 320 mm – Reach : 439 mm – Stack : 594 mm.

Distributeur : Radon Bikes, www.radon-bikes.de

RENDEMENT
CONFORT
MANIABILITE
STABILITE
PRIX/EQUIPEMENT

[quote] On aime : Prix • Confort • Géométrie passe-partout
On regrette : Manque d’une personnalité • Ligne de chaîne perfectible • Pédales qui touchent souvent le sol (les racines).[/quote]