Haibike Xduro NDuro Pro : Magique…

Depuis sa première apparition au salon de l’Eurobike en septembre 2013, il n’a plus été question que de lui dans tous les magazines (ou presque)… Rarement un vélo aura été autant montré, mais nulle part vous n’avez vu de test. Il vient de faire ses premiers tours de roue en France, ça décoiffe, et (comme souvent) c’est une exclu Ride It !

Haibike XDuro NDuro Pro (1)
DR Cyril Charpin

[Htab][tab title= »PRIX »]6499€[/tab][tab title= »POIDS »]22,38 kg[/tab][tab title= »DEBATTEMENT »]Déb. av. : 180 mm | Déb. ar. : 180 mm[/tab][tab title= »USAGE »]Compétition, montagne.[/tab][/Htab]

Impossible de ne pas tomber sous le choc à la vue de cette machine incroyablement visuelle. Avant tout esthétiquement très réussie avec un look agressif et flashy “jaune Mavic”, elle pousse l’imagination loin dans ses délires tant son potentiel qui cumule débattement et assistance électrique semble immense. Le XDuro NDuro Pro 26 est définitivement un hymne au VTT à assistance électrique. Il semble avoir pour mission de casser les clichés qui collent encore trop souvent à l’image du VAE lorsqu’on évoque cette pratique. Uniquement pour “les vieux” le vélo à assistance ? A l’issue de ce test, on est à peu près certains que vous aurez définitivement changé d’avis sur la question. Depuis, la gamme XDuro (VAE chez Haibike) grossit d’année en année pour atteindre pas moins de 21 modèles en 2014, route, trekking et VTT (XC/AM/Enduro) 26, 27,5 et 29 confondus. En attendant de voir si notre monstre est aussi bon à rouler que beau, rapide tour du propriétaire.

Partie cycle :

le cadre est une solide base en aluminium hydroformé, du 6061 pour sa résistance et sa rigidité dotée d’une interface spécifique “Gravity” pour fixer le moteur. Des suspensions de 180 mm qui donnent une idée du terrain de jeu, une géométrie qui n’a pour seule particularité par rapport à un vélo “conventionnel” que des bases un peu plus longues. La suspension de type 4 linkage n’a rien à envier à quiconque, bien au contraire, on verra plus loin pourquoi. Douille conique munie d’un jeu de direction Cane Creek Angle Set pour adapter l’angle si besoin : brillant et trop rare ! Des gaines intégrées pour la pureté des lignes, du direct Post Mount 180 mm pour l’étrier de frein arrière, une finition jaune Mavic/alu brossé ultra réussie, avec son sabot spécifique de protection breveté par Winora également jaune : une vraie boucherie !

Moteur :

Bosch évidemment. Le spécialiste du moteur central par opposition aux moteurs dans le moyeu avant ou arrière. On trouve le nouveau modèle Performance Cruise (25 km/h) avec sa batterie Powerpack 400. Près de mille mesures pour l’analyse du mouvement au travers de la vitesse, de la cadence et de la puissance. Un pignon de sortie en 16 dents qui tourne avec un ratio de 2,5, soit l’équivalence d’un plateau de 40 dents. Des modes Eco, Tour, Sport, Turbo et Off qui ajoutent respectivement jusqu’à 50%, 120%, 190%, 275% et 0% d’assistance par rapport à l’effort produit parce qu’en effet, faut-il le rappeler, c’est la différence avec une moto, si on ne pédale pas, pas de support. Seul un mode « aide à la marche » permet de faire avancer très lentement le vélo par lui-même lorsqu’il faut le pousser. Une version Performance Cruise qui coupe le support entre 25 et 27 km/h mais qui ne nécessite aucune démarche particulière ou permis, ce qui n’est pas le cas de la version Performance Speed qui coupe l’assistance à 45 km/h et qui assimile le vélo à une moto avec tout ce que ça implique en termes de législation. Un moteur qui rajoute 4 kg au poids vélo en plus des 2,6 kg de la batterie au lithium 36v/400Wh, hors connectiques. Recharge totale en moins de 3h30 en branchement direct sur le vélo ou avec une batterie hors support. Enfin une interface amovible dotée d’un large écran commandé en direct ou via une commande déportée vers la poignée gauche donne accès aux données essentielles quant à l’utilisation du système global et du parcours.

Action :

ce n’est pas sans une certaine émotion que le premier coup de pédale est mis. Il y a vraiment quelque chose de grisant à monter sur une telle machine. Préalablement, l’étape des réglages. Des réglages un peu différents de ceux usuellement réalisés : pression 2,2 / 2,7 bars devant/derrière pour les pneus qu’il est fortement conseillé de passer en tubeless et 210/260 PSI pour les suspensions ! Il faut tenir compte du poids du vélo, sans quoi on va tout mettre en buttée au premier saut ! Le poids reste d’ailleurs le facteur majeur auquel il faut s’accoutumer dans cette phase d’adaptation. Un vélo à près de 23 kg ne se pilote pas comme un vélo de descente à 17 kg. Les sensations sont très différentes. Sur ce point, rapidement c’est le guidon qui se révèle être un point clef par sa longueur notamment. Le XLC d’origine en 720 mm va vite se révéler un peu court pour permettre une maîtrise optimale du poids. Avec un disque de frein arrière en 180 mm également un peu juste, disons-le tout de suite, ce sont les deux points sur lesquels on pourra trouver à redire, tous deux étant liés à cette même notion. Pour ce qui est du cintre, même une fois remplacé par un 800 mm, il n’aura jamais paru aussi étroit malgré tout. Comme toujours, avec le temps et l’habitude, le vélo a paru de plus en plus léger dans les poignées. Il est important de remettre le vélo dans le contexte dans lequel il a été essayé. L’idée étant d’utiliser cette machine hors norme pour montrer que le VAE peut avoir une véritable dimension sportive, technique voire spectaculaire, on a tout de suite cherché les limites. On est quand même dans Ride It ! C’est dans ce cadre bien précis que guidon et disque arrière ont pu se révéler comme sous-dimensionnés. Il y a fort à parier que si un tel vélo est utilisé en mode balade, uniquement pour la qualité de son rendement, de son confort, la sécurité que ses suspensions et l’intégralité de son équipement lui confère alors il sera, tel quel, absolument parfait. Concernant la suspension justement, le premier gros travail a été de régler le problème de kick-back lié au point de pivot placé en haut et en arrière de l’axe de pédalier et de l’axe de la chaîne. Elle sort d’un petit pignon de 16 dents ce qui accentue l’effet. Ici la solution s’appelle Sproket Equalizing System (S.E.S). Il consiste à avoir placé un galet sur le point de pivot principal pour annuler tout effet négatif sur la tension de chaîne liée au fonctionnement de la suspension. Idéal puisqu’il ne conserve que les effets positifs d’une roue arrière qui recule légèrement sous les impacts adoucissant les chocs et favorisant la prise de vitesse même dans les portions très accidentées. Un facteur encore accentué dans le cas de notre NDuro Pro 26 en raison du poids. Côté suspensions donc, rien à dire, c’est du très très abouti. Sur le terrain on se retrouve avec un vélo capable de tout encaisser au niveau d’un bon DH. La raison principale est que le débattement, devant comme derrière, est géré par des compressions et des progressivités extrêmement bien calibrées. Il n’y a pas à dire, les ingénieurs ont vraiment bien bossé et ce vélo n’est, déjà à ce stade, plus simplement qu’une belle machine. Avec dans l’idée d’aller jouer sur le snowpark de la station d’Auron (Alpes-Maritimes) qui accueillera en juillet prochain le premier Electro Bike Festival, j’attaque directement sur les gros sauts de la piste qui sert au test des vélos de descente habituellement. Dès le premier run, tout passe, mais rapidement je constate que je suis systématiquement trop long à vitesse identique, vitesse que j’adapterais sans difficulté. L’essentiel est de voir que ce vélo peut se jeter sur des sauts de plus de dix mètres avec des réceptions pas forcément très pentues sans broncher. Souvent je me suis dit que le moteur allait s’arracher de l’interface ou que l’axe allait se tordre, qu’il n’avait probablement pas été conçu pour aller jusque-là mais rien, pas un bruit, pas un voile sur le pignon de sortie, du début à la fin… Ça vole avec beaucoup de stabilité, une stabilité qu’on retrouve aussi dans les portions rapides. Une géométrie qu’on peut adapter grâce à l’idée géniale du chef produit de rajouter un jeu de direction qui permet de faire varier l’angle de la fourche de plus ou moins 1°. Qu’on l’utilise ou pas, c’est rare de pouvoir en disposer d’origine. Dans les portions plus tourmentées, plus lentes, il est forcément moins agile qu’un vélo à 17 kg. En revanche, il conserve un comportement très sain et naturel à piloter. Le grip des pneus Mavic est très bon, les freins ont une attaque et une puissance colossale (seule l’endurance de l’arrière avec le disque en 180 mm peut être prise en défaut dans des pentes raides et soutenues) qui peut stopper l’engin ou simplement réguler la vitesse… Il faut juste garder à l’esprit qu’on ne stoppe pas 23 kg comme on en stoppe 17. Si on se dit qu’on n’a pas exactement le même rendu et la même vitesse qu’avec un pur freeride et que ça génère une éventuelle frustration, elle vole vite en éclat pour ne plus jamais revenir une fois qu’on a goûté aux plaisirs de grimper. C’est vraiment là que ce vélo apporte des sensations inédites et grisantes.

Haibike XDuro NDuro Pro (6)
DR Cyril Charpin

 

Avant d’évoquer l’aspect assistance, il faut souligner que deux points accentuent de manière spectaculaire le potentiel et ce fameux plaisir de grimper : le système Talas et le pignon de 42 dents derrière. C’est vraiment grâce à cette combinaison totalement en phase avec les propriétés de la motorisation et de la géométrie qu’on se retrouve avec une machine capable de franchir des côtes infranchissables jusque-là. Le support tenant compte de la cadence de pédalage, cette couronne de 42 dents permet justement d’éviter une diminution de l’aide à cause d’une fréquence qui passe en deçà de la plage optimale, qui se situe entre 80 et 120 tours/minute. On rappelle que le braquet le plus court est 40/42. C’est souvent le cas avec une cassette en 36 dents. Le Talas, lui, amène une correction idéale de l’assiette du vélo. Quel pied de pouvoir profiter ainsi des ascensions ! Il suffit d’adapter l’intensité du support en jonglant avec les différents modes et outre la véritable notion de pilotage liée à la vitesse, on est aussi dans le jeu de l’optimisation de l’autonomie. Une autonomie liée essentiellement au rapport : mode utilisé/dénivelé. On note qu’en fonction du mode sélectionné, outre le pourcentage de support qui change, c’est la nature même du support qui varie pour s’adapter à la logique du mode. L’écran qui donne de toute manière de nombreuses informations liées à l’utilisation et au parcours donne évidemment une estimation précise de la marge que l’on a en fonction du mode utilisé. Il faut savoir que même en Off, sans support, ce vélo reste “roulable”, notamment grâce à ses braquets et un pneu arrière bien gonflé au profil particulièrement roulant qui, sur le plat en tout cas, donne un résultat étonnant. Quelle beauté ! Quel potentiel ! Quel plaisir ! Et si on ramène les 6 500 € de son prix à la technologie embarquée et à son niveau d’équipement, il est très facile de le relativiser, surtout une fois qu’on a eu la chance de pouvoir l’essayer !

Caractéristiques :

FICHE TECHNIQUE : Cadre : aluminium 6061 – Motorisation : Bosch Performance 36 volt, 250 Watt – Batterie : Power Pack 400, Lithium Ion 36 volt, 400 Wh – Ecran : Bosch Intuvia  – multifonction avec commande déportée – Amortisseur : Fox CTD X Kashima – Fourche : Fox 36 Talas RC2 FIT – Freins : Avid XO Trail 200/180 mm – Pédalier : The Hive Exalite – Couronne : 16 dents (x1,5) – Pignons : Sram XX1, 10-42, 11v. – Roues : Mavic Crossmax Enduro – Pneus : Mavic Charge 26×2,4 ; Roam 26×2,3 – Cintre : XLC – Potence : XLC – Tige de selle : Crankbrothers Kronolog Remote – Selle : San Marco Condor Kevlar – GEOMETRIE : Tailles disponibles : S, M, L, XL – Modèle d’essai : XL – Tube supérieur : 605 mm – Tube de selle : 450 mm – Bases : 453 mm – Empattement : 1 201 mm – Angle de direction : 65,5° – Angle de selle : 72,5° – Hauteur du boîtier de pédalier : 360 mm.

Distributeur : Winora France, web : www.haibike.de/fr
[quote]On aime : Tout
On regrette : dans le cadre d’une pratique normale, avec un tel niveau de fonctionnement, de technologie et d’équipement : rien!.[/quote]

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Journaliste & photographe