GT Sensor Carbon Expert : Baroud d’honneur

DR N. Le Carré

Lancé courant 2013, le GT Sensor Carbon est une machine All Mountain qui arrive déjà en fin de cycle. C’est que ça va vite dans le milieu du VTT. Néanmoins, c’est une plateforme qui présente encore de nombreux points d’intérêts. On pense à la cinématique AOS particulièrement efficace, au châssis carbone à la finition irréprochable ou encore aux roues au format 27.5’’. On a voulu voir si les choses avaient tant changé que ça en quatre ans.

DR N. le Carré
DR N. le Carré

[Htab][tab title= »PRIX »]3 799€[/tab][tab title= »POIDS »]13.45 kg sans pédales en taille M[/tab][tab title= »DEBATTEMENT »]Déb. av. : 140 mm | Déb. ar. : 130 mm[/tab][tab title= »USAGE »]rando-sport, vallonné.[/tab][/Htab]

Le GT Sensor fait partie au même titre que le Force des machines qui ont remis la cinématique iDrive sur le devant de la scène. Mise au goût du jour par Peter Denk en 2013, l’articulation des GT tout-suspendus se nomme désormais Angle Optimized Suspension (AOS). Elle réinvente et optimise le principe d’isolation de la transmission face à la suspension. Le but est évidemment de garder un rendement optimal lors des phases de pédalage. L’AOS apporte plus de sensibilité que l’ancien système sur les petits chocs, grâce à un point de pivot placé plus haut. Il offre également une excellente rigidité grâce à un basculeur surdimensionnée (Path Link), où est monté le boîtier de pédalier. Cette dernière remplace l’excentrique des anciens iDrive. Le cadre en lui-même hérite d’un triangle avant en carbone. Comme tous les cadres en fibres synthétiques de la marque, le Sensor Carbon bénéficie de la construction FOC. Il s’agit ni plus ni moins d’une optimisation de l’installation des couches de fibres haut module, afin d’en diminuer le nombre là où c’est possible et de renforcer les zones stratégiques. Le but est de sortir un cadre léger alliant confort, rigidité et durée dans le temps. On émet un léger bémol au niveau de la partie arrière. L’ensemble bases/haubans en carbone laisse sa place à un triangle arrière aluminium… un peu dommage quand on sait que pour le même prix en 2014 et 2015, vous aviez, à équipement quasiment équivalent, droit à une partie arrière en carbone. Néanmoins, GT Bicycles compense le préjudice avec l’arrivée de la nouvelle Fox 34 Float en 140 mm de débattement. Avec dix millimètres de débattement en plus, elle modifie légèrement la géométrie. Les angles perdent 0,5° et passent respectivement à 68° pour la direction et 73° pour le tube de selle. De quoi gagner légèrement en confiance et en confort derrière le guidon. Le reste des cotes est tout ce qu’il y a de plus classique pour un vélo de la catégorie all mountain. Malgré un tube supérieur long, l’allonge (Reach) du triangle avant reste dans la norme grâce à un tube de selle sur l’arrière. Les bases sont calées à 440 mm du boîtier. Il faudra certainement attendre la prochaine génération de Sensor pour gratter une dizaine de millimètres supplémentaires. Le boîtier est bas, sans non plus faire dans les extrêmes. Sur le papier, le Sensor accuse un peu le coup face aux machines de dernière génération. Néanmoins, il a pour lui un équipement digne de ce nom, et surtout cohérent.

Grip master

Embarqué au guidon du Sensor Carbon, on est très vite surpris par le rapport rendement/motricité de la bête. La roue arrière est collée au sol. C’est toute la force du système AOS qui est en action. Les forces de pédalage sont dissociées du fonctionnement de la suspension. On profite de la très bonne sensibilité de la suspension arrière pour avoir un maximum de grip, sans que cela n’influe sur la manière de tourner les jambes. D’un côté tous les petits chocs sont effacés et la roue arrière mord dessus pour vous faire reprendre de la vitesse ; de l’autre on peut se mettre debout et envoyer les watts sans voir le vélo s’affaisser. On bénéficie en plus d’une excellente position une fois installé sur la selle. La masse du corps est bien centrée et on profite d’un cockpit rehaussé juste comme il faut. Le vélo se laisse emmener sans difficultés particulières sur les sentiers. À l’exception de quelques portions goudronnées, nous n’avons jamais senti le besoin d’utiliser les différents modes de compression de l’amortisseur. En montée, on ajuste légèrement le poids du corps vers l’avant et la machine fait le reste. Les roues restent, une nouvelle fois, collées au sol. Le double plateau, associé au grand pignon de 42, permet de passer partout. On se prend à grimper dans des portions particulièrement techniques sans plus de difficultés. Dans les sections sinueuses et roulantes, le poste de pilotage, raccourci et disposant d’un cintre large, facilite la manœuvre lorsqu’il faut manier le Sensor. On aurait aimé des bases un peu plus courtes, pour faire tourner le vélo dans un mouchoir de poche et souligner l’aspect joueur du vélo ; mais n’oublions pas que cette machine a été conçue aux balbutiements du format 27.5’’. On profite à la place d’un VTT stable, qui garde le cap dans les sentiers sinueux, sans demander son reste. Un avantage indéniable lorsque la pente arrive. Comme sur un rail, le vélo est posé sur ses appuis. Compte tenu du débattement disponible à l’avant, on n’aurait pas été contre un demi degré d’angle de direction en moins, pour être encore plus en confiance. On s’en passera et on profitera, à la place, des excellentes qualités dynamiques de la Fox 34. La cinématique AOS fait une nouvelle fois des merveilles et gomme le terrain. On s’amuse à chahuter le Sensor à tout-va. On prendra par contre soin de protéger le hauban droit des impacts. Force est de constater que près de quatre ans après son lancement, le GT Sensor a encore de beaux restes. La prochaine génération ne devrait plus tarder, et il devrait y avoir de belles affaires à faire sur ce millésime.

Ce qu’il faudrait changer

Pour sublimer le GT Sensor, on lui collerait bien une paire de roues un peu plus prestigieuse et dynamique que les WTB d’origine. Ces dernières font plutôt bien le job, mais on se dit qu’en allégeant un peu les masses en rotation du GT, on gagnerait en plaisir sur le terrain. On vous suggère également un pneu un peu plus cramponné que le Ardent en monte avant, afin d’être serein sur un maximum de surfaces.

Caractéristiques

FICHE TECHNIQUE : Tailles : S, M, L, XL – Modèle d’essai : M – Cadre : Carbone FOC et Aluminium 6069 – Fourche : Fox 34 Float Performance – Amortisseur : Fox Float DPS Performance – Freins : Shimano SLX BR-M675 – 180/180 mm – Dérailleur arrière : Shimano Deore XT M8000 – Pédalier : Race Face Aeffect SL, 36/26 – Commandes : Shimano Deore XT M8000 – Cassette : Shimano Deore XT M8000, 11-42 v. – Roues : WTB STS i23 – Pneus : Maxxis Ardent, 27.5’’x2.40’’ – Potence : Race Face Ride 35, 60 mm – Cintre : Race Face Ride 35 Low Rise, 760 mm – Tige de selle : KS Lev Integra, 34,9 mm – Selle : WTB Silverado Race SL – GEOMETRIE  Taille M : Top tube : 602 mm – Tube de selle : 474 mm – Angle de direction : 68° – Angle de tube de selle : 73° – Bases : 440 mm – Empattement total : 1140 mm – Hauteur de boitier : 339 mm – Reach : 422 mm – Stack : 590 mm.

Distributeur : Cycling Sport Group, Contact : www.gtbicycles.com

RENDEMENT [star rating= »4″]
CONFORT [star rating= »4″]
MANIABILITE [star rating= »3.5″]
STABILITE [star rating= »3.5″]
PRIX/EQUIPEMENT [star rating= »3″]

[quote] On aime : Cinématique efficace et confortable • Joueur
On regrette : Un peu lourd.[/quote]

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Journaliste & photographe à bikelive.com