Bergamont Contrail Elite: pourquoi vous allez craquer

Bergamont n’est pas ce que l’on pourrait appeler une marque en pleine lumière, pourtant depuis qu’elle est passée dans l’escarcelle de Scott, il faut reconnaître qu’elle mérite un peu plus d’attention. Ce Contrail Elite, un 130 mm polyvalent, nous le prouve, au point de nous avoir créer un coup de cœur dès les premiers tours de roues. Voici pourquoi vous aussi vous aller craquer dessus !

DR. B.L & C.L

Prix : 3999 € | Poids : 12,6 kg taille M | Déb. av. : 130 mm | Déb. ar. : 130

Pratique : rando-sport, vallonné, montagne

Avec ce nouveau venu, la marque de Hambourg dévoile une facette qu’on lui connaissait peu, à savoir proposer un vélo sexy, qui plus est, très pratique avec sa petite boite à outils intégrée dans le cadre. Pour tout vous dire cela fait depuis le dernier Roc d’Azur, où il a été dévoilé que nous lorgnons sur ce Contrail Elite, alors le jour où nous l’avons enfin réceptionné à la rédaction du magazine nous étions tous à nous battre pour savoir qui le testerait en premier. Et ce fut… pas moi. Trois semaines, voilà trois semaines que le vélo roule entre les mains de quelqu’un d’autre et je n’ai pas encore eu l’occasion de mettre mes fesses sur la selle Ergon du Contrail Elite. Encore moins passer autant de temps que j’aurai voulu à inspecter de fonds en comble son cadre tout carbone à la finition qui se révèle exemplaire pour un vélo de cette tranche de prix. La peinture est propre, la couleur par contre c’est « on aime » ou « on n’aime pas », en tout cas elle valorise bien les courbes du cadre. Et puis est venu le grand jour, celui où enfin notre premier testeur se décide à me céder la bête. « Tu verras, moi je l’ai adoré. Si tu peux voir avec Bergamont pour le garder un peu plus longtemps, je suis preneur. Ce vélo est top, et franchement pour le prix, c’est une affaire ! » Voilà comment commence mon histoire avec le Contrail Elite, et là je comprends qu’il se passe quelque chose avec ce vélo. Si Seb, c’est son nom, a craqué sur cette machine alors qu’il roule généralement en « Big S », c’est qu’elle doit être exceptionnelle !

Parce qu’il est beau et bien pensé.

La toute nouvelle silhouette du Bergamont Contrail Carbon reprend les grandes lignes de son homologue en aluminium dont les prix débutent à 2000 euros. Cependant, en ayant recours au carbone, les ingénieurs lui ont donné des lignes plus douces, mais aussi des entrées de gaines sur l’avant bien mieux pensées, venant se placer à l’arrière de la douille de direction. Bergamont a profité de cette nouvelle mouture pour fondamentalement repenser la géométrie, et entrer dans l’ère moderne. Comparé à la version alu, le Contrail carbone présente une géométrie plus longue et plus ouverte même si elle présente des chiffres relativement modérés. Le reach en taille M est de 445 mm et l’angle de direction de 67,5 ° . Le boitier de pédalier est assez (très) bas puisqu’il pointe à seulement 325 mm du sol, cela augure du bon puisque ça vz donner de bonnes capacités en virage, avec un centre de gravité bas, d’autant que les bases sont relativement courtes pour un 29 » avec 438 mm. Enfin, quand on dit 29 », on devrait dire qu’il est aussi capable de recevoir des roues en 27.5 »+. Pour compenser le changement de géométrie, il suffira de jouer avec le point de fixation bas de l’amortisseur, en l’inversant, tout simplement. Ou presque, parce qu’en théorie il faudrait aussi jouer sur la hauteur de fourche, en changeant la cuvette inférieure de la direction (la pièce est proposée par Bergamont), mais là on entre plus dans du vrai bricolage.

Le Contrail Elite offre 130 mm de débattement à l’avant et à l’arrière autour d’une suspension monopivot, qui utilise une biellette (les haubans) et un basculeur (la biellette). L’amortissement est confié à Fox que ce soit pour la fourche ou pour l’amortisseur. Une Float 32 aura en charge de coller la roue avant au sol, et de vous éviter de trop grandes remontées dans les bras.

L’autre point fort est la Stashbox, localisée juste au dessus du boitier de pédalier. Il s’agit d’un petit compartiment dans laquelle on trouve une petite boite à outils (fournies) et un peu d’espace pour un kit de réparation (notez que je n’ai pas dit une chambre à air!). C’est vraiment pratique, et bien ficelé puisque l’eau et la boue n’ont pas réussi à s’infiltrer.

Parce qu’il pédale vraiment bien

Pour ce test, inutile de vous dire que nous sommes restés dans la configuration qui met le plus en valeur le Contrail Elite, les roues de 29 ». De toute façon, vu le dégagement à l’arrière, je ne suis pas sur qu’un pneu au format 27.5+ soit à son aise, surtout par temps de boue. En tout cas, la position assise est agréablement sportive, si l’on passe sous silence les poignées qui sont tellement finies qu’elles empêchent de tenir correctement le guidon. Mais très vite, je comprend que je vais pouvoir passer de longues heures sur la selle de Bergamont, au point de l’envisager aisément sur une course marathon. Entre la combinaison des grandes roues en 29 », et la manière dont le train roulant fait son travail en silence, le vélo offre une expérience de conduite sûre. D’autant plus que le confort des suspensions impressionnent, même si le pilote continue de recevoir les informations du terrain. Mais attention à ne pas être trop gourmand. Si vous optez pour 30 % de précontrainte à l’arrière, la suspension aura tendance à pomper lorsque vous serez en selle, et avaler très vite le débattement. Pour le coup, avec 75 kg de charge, j’ai choisi de me rapprocher des 20% avec 230 psi dans l’amortisseur, ce qui m’a permis de ne plus jouer avec la manette de la compression. A l’avant, le réglage progressif de la compression basse vitesse permet d’ajuster parfaitement le comportement de la fourche. Aussi, je suis resté sur les 80 psi que je mets généralement dans cette fourche. Dans ces conditions, le vélo réagit plutôt bien aux coups de pédales. Pas besoin de relancer tout le temps, il conserve sa vitesse. Roulez à plus de 17 km/h de moyenne sur une trentaine de kilomètres et 600 m de D+ est facilement atteint à son guidon. Certes, la position de pédalage n’est pas celle d’un crosseur, mais le résultat est là, et clairement pas attendu. Une bonne surprise.

Parce qu’il est vif et sain

En conduite active, le vélo peut être manoeuvrable dans les virages, même dans les passages les plus étroits, grâce à ses base de 438 millimètres qui ne sont ni trop longues, ni trop courtes, mais surtout avec la complicité d’un centre de gravité est assez bas. Qu’est ce que c’est bon d’avoir un boitier bas ! D’autant que le vélo a suffisamment de sloping pour être balancer de gauche à droite sans gêne dans les successions de virages, c’est vraiment bon. Le Contrail Elite se place facilement, le cadre ne semble pas se désunir. Merci au gros point de pivot central et à la grosse biellette. Cela profite au comportement du vélo dans les passages rapides et techniquement exigeants. Le vélo est sain, le train arrière enroule avec envie la courbe du virage et relance en sortie de courbe sans rechigner. On en oublierait presque que le vélo dépasse les 13 kg en fonctionnement. La succession de virages dans la pente se font par contre au frein arrière, par des petites glissades que le Maxxis Forekaster autorise facilement, et il suffit de basculer son poids sur l’arrière pour ne pas passer sur l’avant. C’est toujours très amusant, certes ce n’est pas ce qu’il y a de plus efficace, mais ça marche bien.

En descente techniques, le vélo se comporte de manière assez neutre, sans demander un grand niveau de pilotage. En accélérant le rythme, c’est une autre histoire, les suspensions sont cette fois assez vites dépassées. La 32 a du mal à tenir le cap, l’ hydraulique de la suspension arrière excuse du retard sur les successions rapides de chocs. Il faut alors bien anticiper, maintenir le guidon (foutues poignées trop fines!), et laisser vivre le vélo dans la zone de liberté que vous lui autorisez.

Il faut cependant garder à l’esprit que niveau freinage, il y a un hic. Les distances pour stopper la machine ont tendance à s’allonger. A priori les Level TL avec les gros disques semblent assez puissants. Au début je pensais que la suspension arrière était sujette au blocage lorsque l’on actionne le frein arrière, ce qui a pour effet que la roue a du mal à rester au contact du sol pour bien ralentir le vélo. Et puis je me suis rappelé que l’étrier de frein est justement positionné sur la base de sorte l’influence du freinage sur la suspension soit limitée. Pourtant les distances de freinage sont allongées par rapport à l’accoutumé et l’amorti donne l’impression que la suspension arrière s’en remet à la seule roue arrière pour amortir les chocs… Il semble qu’il faille y voir un manque de mordants des Maxxis Forekaster, qui misent visiblement plus sur la traction et le rendement au roulage que le freinage, avec sa gomme MaxSpeed. Mais un choix au niveau des plaquettes de frein qui mériteraient des organiques, et au niveau de l’amortissement, ben là… il n’y a rien à faire. Ca reste un amortisseur simple.

Parce que c’est un grimpeur né

Non seulement le Contrail Elite jouerait presque dans la catégorie de crosseur sur le plat, mais en plus il est loin de jouer les figurants en montée. Le vélo est stable, et dévoile, assis en selle, une motricité de tous les instants. Racines, dalles, pierres, rien ne lui résiste. Entre le grip du pneu et la cinématique de suspension arrière qui plaque tout ce petit monde au sol, ça en est bluffant d’autant qu’il ne vous balance pas non plus vers l’arrière si la pente est très inclinée. Et vous pouvez même vous autoriser une mise en danseuse. La motricité sera un ton en dessous, mais le pompage sera comme par magie bien réduit.

Parce que c’est un bon rapport qualité/prix

Ce qu’il faut surtout retenir, c’est que ce Contrail Elite, en plus de distiller une motricité en côte que beaucoup de concurrent lui envient, en plus de posséder une géométrie passe-partout qui permet à son propriétaire de bien s’amuser à son guidon sans avoir un Bac+5 en pilotage, le Bergamont est un bon coup financièrement. Pour 4000 euros, le casting est plutôt bon et valorisant. Le train roulant est de qualité (pour une fois, une paire de roues Syncros nous a résisté), la transmission avec le Sram GX Eagle vous permet de passer partout (surtout avec le 32 dents devant), la tige de selle télescopique Manitou est plutôt une bonne surprise (pas de jeu, et une manette super ergonomique, juste la bague de serrage de la tige de selle qui a tendance à se desserrer malgré la petite vis BTR sensée éviter cela), et des suspensions qui font plutôt un bon boulot, même si on aurait préféré une Fox 34 plus en adéquation avec le programme du vélo. Autant d’atouts qui font que je ne regrette pas d’avoir attendu aussi longtemps pour le rouler. Problème, il va falloir le rendre maintenant…

Caractéristiques

FICHE TECHNIQUE :

Tailles : S, M, L, XL – Modèle d’essai : M – Cadre : Carbone – Fourche : Fox Float 32 Performance – Amortisseur : Fox Float Performance – Freins : Sram Level TL, ø180 mm – Dérailleur arrière : Sram GX Eagle – Pédalier : Sram Stylo 7K, 32 dents – Commande : Sram GX Eagle – Cassette : Sram XG-1275 Eagle, 10-50 dents – Roues : Syncros Revelstoke 2.0 – Pneus : Maxxis Forekaster Exo, 29×2.35 – Potence : Syncros FL1.5, 60 mm- Cintre : Syncros FL1.5, 760 mm- Tige de selle : Manitou Jack, 125 mm, ø31,6 mm- Selle : Ergon SMA30 – GEOMETRIE : Taille : M – Tube supérieur : 600 mm- Tube de selle : 455 mm – Angle de direction : 67,5°- Angle de tube de selle : 76°- Bases : 438 mm- Empattement total : 1187 mm- Hauteur de boîtier : 325 mm- Reach : 445 mm- Stack : 615 mm

Distributeur : Scott France  – Contact : www.bergamont.com

RENDEMENT  
CONFORT
MANIABILITE
STABILITE
PRIX/EQUIPEMENT

On aime : Motricité • Confort • Un pur VTT polyvalent

On regrette : Il aurait mérité une Fox 34 • poignée pour mains d’enfant