Cannondale Cujo Neo 130 3 : Le bon compagnon

Oubliez l’image habituelle de Cannondale qui met toujours un point d’honneur à vous faire arriver d’un point A à B en un minimum de temps, ici avec le Cujo Neo 130, c’est en mode balade que la marque a décidé de vous transporter.

DR. B.L

Prix : 4299 € | Poids : 23 kg en taille M | Déb. av. :130 mm | Déb. ar. : 130 mm

La première rencontre avec le Cujo Neo est un choc. Si de profil, il semble intégrer parfaitement le moteur Shimano E8000 et sa batterie de 504 Wh, l’histoire est moins heureuse sous d’autres angles. Il n’y a pas de secret, avec cette version d’alimentation, il est difficile de faire dans la légèreté visuelle. C’est gros, massif, et taillé à la serpe. Reste à espérer que la répartition du poids est au bénéfice de la qualité de roulage. En tout cas, cela laisse suffisamment de place pour pouvoir monter un porte bidon, et ça, c’est plutôt pas mal. La position de pilotage est une première bonne surprise. D’abord, le taille M correspond bien à un M ce qui devient rare en ces temps, avec un tube à 605 mm et un reach de 435 mm. Ensuite, le large cintre permet de bien se poser sur le vélo, tandis que, contrairement à beaucoup de VTTAE, la marque a choisi de ne pas sur élever exagérément le poste de pilotage. On pourrait même se croire sur un VTT orienté cross-country. La selle Fabric, en plus d’être indestructible, finit de vous réconforter en distillant un confort royal. Après avoir bien suivi la procédure d’allumage du moteur Shimano (pas les pieds sur les pédales!), on profite de la douceur, et du naturel de l’assistance pour évoluer sur notre parcours test. On est pas mal au guidon, un peu trop large finalement, du vélo. Le confort sur les petits chocs est avéré et on se dit que l’on pourrait bien accumuler les kilomètres en sa compagnie. La direction est plutôt vive, mais met déjà en avant que derrière elle, le poids est bien présent. La première ascension montre le potentiel de la bête pour vous menez aux sommets. On grimpe facilement sans sentir que le vélo veut décrocher. Certes la direction demande à s’échapper de droite à gauche, mais c’est un comportement que l’on pourra aisément contrecarrer en coupant un peu le cintre. Les kilomètres s’égrainent au rythme d’une randonnée bucolique, on se délecte des enchaînements de petites successions de virolots, et on y prend un certain plaisir à son guidon. Certes, on sent bien que les pneus manquent de caractère et de réponse au 23 kg à sec du vélo, et qu’on aurait aimé quelque chose qui ait une carcasse un peu plus renforcée, et des crampons mieux dessinés à l’avant, mais à cette allure, ils font le job.

Vous pouvez toujours hausser le ton d’autant que le moteur Shimano E8000 répond toujours présent, et son assistance sera là. Il faudra alors plus se battre avec le tempérament baroudeur , plus que joueur du Cujo Neo. Le passage de vitesse est lent, les roues ne savent plus comment répondre à la sollicitation et les suspensions avant/arrière sont dépassées par les successions de chocs. A l’arrière, l’arrivée en fin de débattement est bien réel et vous le fait sentir par un « clong » suivi d’une envie du vélo de vous désarçonner par l’avant. La fourche quant à elle, si vous n’avez pas encore mis des cales (au moins deux) dans la chambre d’air qui en est d’origine dépourvue (!!) engloutira l’ensemble de sa course au premier obstacle venu. Il faudra alors impérativement piloter complètement le vélo sur l’arrière, surtout si vous êtes amener à freiner fort. La fourche s’enfonce comme un couteau dans un beurre que vous auriez oubliez dehors. Avec deux cales en plus, on arrive aisément à compenser tout ça. L’avant reste un peu plus haut ce qui, avec un peu de maîtrise au guidon, permet de déjouer de pas mal de pièges. On profitera de la stabilité général du vélo, mais il faudra alors juste maîtriser le retour du train arrière avec la selle basse entre les cuisses (l’accès à la commande de tige de selle n’est pas aisé…), ce qui se fait assez facilement, en gardant bien à l’esprit deux choses. La première, c’est qu’à tout moment le pneu arrière peut crever, et la seconde, qu’il ne faut jamais trop tourner le guidon ou prendre de l’angle à l’avant au risque d’un décrochage violent. En effet, en plus d’un pneu en 2.8 qui n’aime pas prendre de l’angle (alors que ce même dessin en largeur inférieur est top), la direction semble tomber passé un certain angle. On se fait alors emporter par le poids du cadre qui lui n’a qu’une envie, c’est de continuer tout droit. Alors on se bat pour l’envoyer dans les courbes serrés à grand renfort de techniques de pilotage. Alors, oui, dans ces conditions il passe, mais c’est fatigant. Il vaut mieux dans ce cas revenir à la raison et se remettre en tête ce pour quoi le Cujo Neo est destiné : la randonnée découverte quoi qu’en dise sa géométrie. A ce jeu, il est plutôt à son aise.

Caractéristiques

FICHE TECHNIQUE : Tailles : S, M , L, XL- Modèle d’essai : M- Cadre : SmartForm C2 Alu- Moteur : Shimano E8000- Batterie : Shimano Steps, 504 Wh- Fourche : RockShox Sektor RL- Amortisseur : RockShox Deluxe R- Freins : Shimano MT500, ø180 mm- Dérailleur arrière : Sram NX, 11 vit.- Pédalier : Shimano E8000, 34 dts- Commande : Sram NX- Cassette : Sram NX, 11-42 dents- Roues : WTB STX i29 TCS / Formula-Shimano SLX- Pneus : Maxxis Rekon Exo, 27.5X2.8- Potence : Cannondale C3, 60 mm- Cintre : Cannondale C3, 780 mm- Tige de selle : TranzX, 120 mm, ø 31,6 mm- Selle : Fabric Scoop Radius Sport – GEOMETRIE : Taille : M- Tube supérieur : 605 mm- Tube de selle : 445 mm- Angle de direction : 66,5°- Angle de tube de selle : 75°- Bases : 435 mm- Empattement total : 1165 mm- Hauteur de boîtier : 350 mm- Reach : 435 mm- Stack : 605 mm

Distributeur : Cannondale Contact : www.cannondale.com,

AUTONOMIE  
CONFORT
MANIABILITE
STABILITE
PRIX/EQUIPEMENT

On aime : Un bon randonneur • La géométrie du cadre • Le moteur Shimano • La selle Fabric

On regrette : Direction qui tombe • Pneu arrière inadapté au vrai VTTAE • Absence de Token dans la fourche !