Tuto : Rouler une très longue descente

Cédric Tassan, dit « le coach » est le créateur des éditions VTOPO. Passionné par le vélo et globe-trotter, il parcourt la France et le monde pour dénicher les meilleurs itinéraires VTT. Il est à l’origine du programme de coaching gratuit #followtheguide : https://followtheguide.vtopo.fr où il conseille des centaines de riders sur les meilleurs trails autour de chez eux. Fort de son expérience dans le VTT, il vous livre ses conseils dans cette rubrique. Aujourd’hui, il nous livre son expérience pour rouler dans une longue descente.

Par Cédric Tassan / Vtopo

1. L’échauffement
Je ne vais pas vous mentir, je ne suis pas un fan des échauffements et autres étirements avant d’attaquer une longue descente. C’est sans doute un tort. Donc si vous vous sentez de prendre 5 à 10 minutes pour faire quelques mouvements de bras, d’épaules, de mains, alors n’hésitez pas. Mais si vous êtes comme moi, peu sérieux sur ce point, alors roulez tranquillement pendant les 5 premières minutes de la descente. De toute façon, vous êtes parti pour rouler un bon moment.

2. Le matériel
Avant même de mettre un coup de pédale, prenez une minute pour faire le tour de votre machine. C’est rapide et facile à faire : vérifiez la pression de vos pneus, l’état du freinage, les serrages sur le vélo. Si vous avez transporté votre vélo sans la roue avant, n’oubliez pas de bien jeter un œil au serrage de l’axe une fois remonté. De la même façon, les freins peuvent ne plus avoir le même mordant si le vélo a été retourné durant le transport. Plutôt que de le découvrir au premier freinage, actionnez vos leviers avant de démarrer.

3. Les plaquettes
Si par hasard vous vous rendez compte avant de descendre que vos plaquettes sont bonnes à jeter (ou si durant la descente vous devez les changer), il va falloir procéder à un rodage. Si vous avez la chance de mener cette opération à proximité d’une piste ou d’une route, ce sera plus facile. Pour cela, il suffit d’effectuer 15 à 20 freinages appuyés, depuis une vitesse environ de 20 km/h jusqu’à presque l’arrêt (5 km/h). Il faut toujours laisser tourner la roue pour refroidir le système. Si vous avez le temps, vous pouvez répéter ces opérations depuis une vitesse initiale de 30 km/h environ. Après cela, vos freins seront quasiment rodés. Même si les premiers vrais freinages ne seront peut-être pas tout à fait excellents, cela viendra très vite.

4. Les tensions musculaires
Quand on descend longtemps sans s’arrêter, tous les muscles sont en tension : que ce soit le cou, les épaules, les bras, les quadriceps, les mains… Pour éviter les douleurs, il faut régulièrement bouger sur le vélo. Dès que le terrain permet un certain relâchement, ne pas hésiter à changer de position. Les cuisses peuvent tétaniser également. Pensez juste parfois à inverser vos manivelles et à revenir sur votre pied d’appel. Ce petit changement de position aide particulièrement à soulager les tensions du bas du corps.

5. Les mains en particulier
Si on attaque trop vite une descente défoncée par exemple, il est possible que vos mains souffrent. Les douleurs deviennent vite insoutenables et l’on a du mal à tenir le guidon. Attention danger ! Mieux vaut s’arrêter et s’étirer les doigts en les attrapant avec l’autre main et en les étirant vers l’arrière, paume vers le ciel. Pour éviter d’en arriver à un tel point, car ensuite les douleurs sont difficiles à faire partir, mieux vaux attaquer mollo les premières minutes. Pensez aussi à vos poignées, elles ne sont peut-être pas adaptées à votre morphologie. Le mieux est d’en essayer de plusieurs diamètres. Enfin, si vous freinez encore à deux doigts, entraînez-vous à ne freiner que d’un seul doigt afin d’avoir plus de points de contact avec le guidon. Bien entendu, cet entraînement est à faire sur son terrain de jeu habituel plutôt que sur une longue descente inconnue !

6. Les pauses
Vous ne faites pas la course, alors pensez à vous arrêter de temps en temps. Je dis souvent qu’on ne roule pas uniquement pour la sensation de vitesse ou pour la performance. Le VTT est aussi un sport contemplatif. Surtout que si vous êtes en train de faire une grande descente, c’est que vous êtes en montagne, alors vous devriez avoir un beau décor autour de vous. De mon point de vue,
il est préférable de faire plusieurs pauses courtes (3 à 4 minutes maxi) plutôt qu’une longue pause. Car après une grosse coupure, il sera très difficile de repartir. Il faudra presque reprendre les choses comme au début de la journée !

7. L’heure
Durant une longue descente, tout peut arriver : chute, casse de matériel, perte d’orientation. Donc pour ne pas revenir de nuit, partez de préférence le matin, pas trop tard. Vous aurez alors le temps de gérer tous les imprévus. Et si jamais vous pensez être un peu juste, glissez une lampe frontale dans votre sac à dos. Ce sera toujours plus facile de rouler qu’avec la lampe torche
du téléphone !

8. La fatigue
Dès les premiers signes, il faudra ralentir ou se reposer. C’est impératif sous peine de prendre
le risque de tomber. Sans compter qu’une chute quand on est fatigué peut avoir plus de conséquences que lorsque l’on est en forme.
Le corps sera beaucoup moins souple et flexible. Il faut toujours garder le plaisir de rouler en tête. Mieux vaut passer plus de temps et rentrer avec de belles sensations en tête, plutôt que d’arriver rincé en ayant le sentiment d’avoir subi la descente.

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Journaliste & photographe