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Transition Sentinel GX : Créateur de tendance

Nous terminons notre triptyque de la gamme Transition avec le Sentinel. Un vélo fait pour l’enduro avec une géométrie agressive et un débattement contenu pour le segment. Un mix intéressant permettant à coup sûr de voir plus clair sur certaines tendances.

DR. Anthony Marcou

Prix : 6199 € | 14,5 kg en taille L ; roues 5,480 kg | Déb. av. 160 mm | Déb. ar. 150 mm / Pratique : all mountain, enduro

Le Transition Sentinel se refait une jeunesse avec un tout nouveau cadre. Nous nous souvenons qu’il y a quelques années ce modèle préfigurait déjà l’un des vélos les plus avant-gardistes au niveau de la géométrie pour l’enduro. Transition était une des premières, si ce n’est la première marque, à communiquer des informations comme le reach et le stack. Aujourd’hui tout cela est devenu une banalité, mais à l’époque, Transition fait office d’extra-terrestre. La marque continue à sortir du rang en mélangeant simplicité et audace sur chacun de ses nouveaux modèles. Le Sentinel reprend le design de toutes les plateformes (Scout et Spur) 2020 de la gamme. Des formes moins en rondeur, mais une silhouette plus agressive et massive. Le cadre est entièrement en carbone et utilise un processus de fabrication de type monocoque. Un moulage haut de gamme qui permet à Transition de chasser sur les terres des géants de l’industrie, que ce soit niveau poids ou prix…

La suspension reste sur les bases d’un fameux Horstlink, c’est-à-dire que la roue arrière est reliée au triangle avant via les haubans et non pas les bases comme c’est le cas sur un mono-pivot. Attention, l’ancienne génération offrait la même architecture, mais énormément de paramètres ont évolué. Nous pouvons rapidement constater que le basculeur est moins positionné à plat que par le passé. Le centre instantané de rotation (virtuel sur ce type de suspension) navigue au niveau du bas du porte-bidon en début de débattement pour finir proche du boîter de pédalier. Un changement important qui minimise l’effet de bras et la sensation de prendre trop de débattement quand le pilote se positionne sur l’arrière. La courbe d’amortissement est aussi totalement revue avec un départ bien plus onctueux et une progressivité bien plus importante. Nous avons sur le papier un vélo avec un meilleur grip mais toujours un excellent contrôle au niveau du milieu de plage et la certitude de ne pas talonner violemment. L’effet de chaîne a été aussi optimisé pour offrir plus de peps en début de débattement puis il devient moins probant pour garder un meilleur contrôle dans le débattement. Vous l’aurez compris, presque tous les voyants sont au vert niveau ajustement. Le débattement reste quant à lui assez proche avec 150 mm pour notre version. Un choix qui tranche avec beaucoup de concurrents qui font dans la surenchère de débattement pour ce segment.

La géométrie évolue aussi en douceur pour rester dans les plus extrêmes du marché sans détrôner certaines marques européennes. Nous noterons surtout l’angle de direction à moins 64°et un angle de selle de 78° effectif. Le montage est des plus cohérents comme nous en avons pris l’habitude avec Transition ; des produits sans surprise, mais toujours sélectionnés avec soin pour la pratique donnée.

Une prise en mains ultra facile

Il nous faut parfois un peu de temps d’adaptation quand nous remontons sur de purs vélos d’enduro comme le Sentinel, surtout quand nous avons la surprise de constater que nous avons un taille L. Au niveau des réglages, le combo RockShox fait dans la simplicité. Nous commençons en suivant les recommandations des constructeurs avec 28% à l’avant et 30% à l’arrière. Nous laissons la compression totalement ouverte et nous ajustons en milieu de plage la détente. A notre grande surprise, le vélo n’est pas aussi long que nous imaginions. Nous nous sentons plus hauts qu’allongés. Il faut dire que le tube supérieur n’est pas si long que cela du fait que le tube de selle soit énormément avancé devant le boîtier de pédalier. Nous comprenons pourquoi il part ensuite sur l’arrière, sinon nous aurions un tube vraiment trop court. Il faudra cependant faire attention à la hauteur de selle car du fait de sa faible longueur et de son angle, plus nous montons la selle et plus nous partons sur l’arrière.

Les premiers tours de roues sont surprenants car le vélo en position assise ne s’affaisse pas trop comme certains gros enduros. Le fait d’avoir gardé un débattement contenu permet d’avoir des sensations de pédalage proches d’un all mountain. La suspension offre un bon toucher terrain mais devient rapidement ferme pour éviter de trop osciller sous l’effet de nos mouvements de jambes. Le Sentinel n’est pas non plus un vélo de trail prêt à bondir sous la moindre accélération. Les gros pneus avec les roues souples nous laissent un peu scotchés si nous voulons partir façon dragster. Dans tous les cas, si nous voulons améliorer ce secteur se sera assez facile avec les pneus mais aussi le plateau en 30 dents. Ce choix paraît presque surprenant car le Sentinel est un grimpeur honorable et nous pourrions facilement imaginer rouler avec un plateau plus gros surtout avec une cassette en 51 ou 52. Nous avons rapidement compris le fonctionnement de cette machine au pédalage. Il faut monter assis au train en gardant de la vélocité. Nous avons été impressionnés par le peu d’énergie nécessaire pour grimper sur des pistes. Dans les montées plus techniques, la motricité est bien présente et nous avons là un vélo dans le haut du panier du secteur. Nous aurions même pu imaginer avoir le meilleur avec un tube de selle un peu moins coudé. L’effet de chaîne joue un rôle majeur dans cette sensation. Transition a réajusté la mire sur la partie dynamisme pour enfin proposer un vélo plus polyvalent.

DR. Anthony Marcou

Un tempérament de feu dans la pente

Soyons clairs, nous n’achetons pas un Sentinel pour faire du cross-country et le moment que nous attendons le plus avec cette machine c’est la descente ! Le vélo offre une stabilité rare pour un vélo de ce débattement. Nous ne pouvons que constater que l’empattement géant de cette machine offre le gain de sécurité nécessaire pour rouler vraiment vite sans se faire peur. Mais là où le nouveau Sentinel fait bien mieux que son prédécesseur, c’est sur la conservation de vitesse et la maniabilité. La nouvelle suspension permet d’avoir beaucoup plus de contrôle dans la pente. Le vélo accélère fort quand nous poussons sur les jambes. Nous nous sommes parfois faits surprendre à ne pas suivre le rythme imposé par la machine. Nous avons rarement eu un vélo de cette taille aussi facile à faire sauter. Il faut cependant prendre garde à toujours rester sur l’avant. L’effet de bras de la suspension couplé à l’effet de frein a tendance à rentrer facilement dans le débattement et à se raccourcir. Si nous restons trop passifs sur l’arrière c’est la perte de contrôle de la roue avant assurée. Au niveau de la rigidité, nous l’avons constaté, les roues ne sont pas les meilleures dans ce segment et elles sont surtout efficaces dans le cassant car super tolérantes. Le châssis paraît aussi assez souple pour un cadre totalement en carbone et surtout au niveau du triangle arrière. Un trait de caractère qui n’est pas pour nous déplaire surtout dans le cassant. Nous avons été ralentis dans nos ardeurs par un plateau vraiment trop petit quand la vitesse commence à augmenter et nous sommes obligés de rouler en bas de cassette. Nous avons une ligne de chaîne moins bonne, plus de chance te taper le dérailleur et surtout un bruit désagréable de chaîne qui frappe sur le cadre… Un détail cependant facile à corriger.

Au final, le nouveau Sentinel se bonifie au niveau du dynamisme mais aussi globalement au niveau de l’efficacité. Nous avons été agréablement surpris du compromis stabilité-maniabilité engendré par une telle géométrie car il se faufile partout. Nous ne sommes pas loin du vélo d’enduro parfait d’un point de vue de la polyvalence. Cependant, nous restons sur notre faim niveau qualité de suspension et nous sommes persuadés que le modèle en Fox permet de trouver encore un meilleur compromis surtout au niveau de la stabilité des performances en descente. Nous avons aussi rapidement ressenti une filiation importante avec le Scout, le modèle presque similaire en 27.5 ». Le Scout nous avait emballés avec une géométrie presque sur-mesure pour notre gabarit. Le Sentinel offre forcément plus de confort dans le cassant et permet de prendre rapidement de la vitesse. Alors si vous êtes plus compétiteur dans l’âme, nous vous conseillons le Sentinel, mais il faudra savoir le dompter…

Caractéristiques

GEOMETRIE : Taille : L – Tube supérieur : 613 mm – Tube de selle : 430 mm – Angle de direction : 63,6° – Angle de tube de selle : 70° – Bases : 440 mm – Empattement total : 1263 mm – Hauteur de boîtier : 347 mm – Reach : 476 mm – Stack : 631 mm – FICHE TECHNIQUE : Tailles : S, M, L, XL,XXL – Modèle d’essai : L – Cadre : cadre carbone – Fourche : RockShox Lyrik Ultimate RC2, déport 42 mm – Amortisseur : RockShox Superdeluxe Ultimate – Freins : Sram Code RSC, ø200/180 mm – Dérailleur arrière : Sram Eagle GX – Pédalier : Sram Stylo Alu DUB, 30 dts – Commande : Sram Eagle GX – Cassette : Sram XG1275, 10-50 – Roues : Stan Flow S1 Team – Pneus : av. Maxxis Assega Exo+ 3C, 29 x 2.50  » ; ar. Maxxis Minion DHR Exo + 3C, 29 x 2.40 » – Potence : ANVL Swage 35 mm – Cintre : ANVL Mandrel alu 35 , 800 mm – Tige de selle : One Up, 180 mm, ø 31,6 mm – Selle : ANVL cromo.

Distributeur : Race Company, Contact : www.racecompany.fr

Notes

Rendement : 4

Confort : 3.5

Maniabilité : 4

Stabilité : 5

Prix/Equipement : 4

TOTAL : 16,4/20

On aime  : Géométrie moderne • Nouvelle cinématique • Efficacité au pédalage • Polyvalence pour un gros 29 »

On regrette :  Bruit de gaine et de chaîne • Qualité des suspensions