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Moustache Samedi 27/9 Gold : La plus humaine des marques de vélos électriques !

Avant de vous faire découvrir le deuxième bébé de la gamme des VTT 2014 de Moustache Bike, le suspendu 27/9 Gold l’ayant déjà été dans le numéro précédent, l’idée est de faire plus ample connaissance avec une marque et des hommes passionnés qui vont au bout de leurs idées et écrivent eux-mêmes leur propre histoire.

 

« Le projet est né fin 2010, quand j’ai quitté Lapierre. J’étais convaincu par le vélo et le potentiel d’ouverture de l’électrique. J’ai toujours été passionné de vélo. On sait tous que le vélo est un sport difficile, même quand on va rouler en famille, ce n’est pas toujours simple. Quand j’ai testé les premiers VAE, je me suis dis que c’était vraiment le vélo du futur. Il n’y a pas qu’une seule application urbaine ou de « mobilité » comme en Hollande, mais il y a un potentiel qui peut aussi s’adresser à de vrais sportifs, avec un côté amusant et technique. J’ai commencé seul, j’ai bien avancé sur le projet et la gamme, mais rapidement je me suis rendu compte qu’il fallait une deuxième personne. J’ai rencontré Greg Sand par l’intermédiaire de mon expert-comptable. On a tout de suite vu qu’on été compatible et on a décidé de partir ensemble. C’était quand même un sacré gros pari. Il a quitté son travail début 2011, et les gros mois intensifs qui ont suivi avec la construction de l’entreprise, on a coulé les fondations de la boîte et de notre amitié. Et même si on se connaissait pas, on est devenus proches par le travail. ça n’a pas été simple tout le temps parce qu’au départ on n’avait pas la possibilité de travailler avec Bosch. On avait commencé avec d’autres systèmes et finalement en mars 2011 ce sont eux qui nous ont recontacté pour savoir où on en était dans le projet. On est allé en Allemagne avec Greg leur présenter notre vision du vélo électrique. A l’issue de la réunion, ils ont décidé de nous suivre. C’était la première fois qu’on présentait nos idées à l’extérieur, et voir cette adhésion nous a vraiment fait chaud au cœur ».

Reprendre et adapter

Par contre, techniquement, il a fallu tout reprendre pour adapter l’interface Bosch et les géométries. On a travaillé jour et nuit. On a fini tous les montages la veille du salon de Paris où on a présenté les protos tout chauds. La gamme a beaucoup plu, mais à l’issue du salon, on n’avait aucune commande. C’est là que Greg a fait un travail énorme en partant sur la route pour mettre en place le réseau et le structurer en validant les détaillants un à un. Les premières commande sont arrivées, on a commencé la production avec une première embauche en février 2012 puis cette année-là on a quasiment embauché une personne par mois, surtout pour le montage et pour structurer le R&D, la production. Pourquoi les Vosges ? Parce que d’une part je suis originaire d’ici et parce que quand tu montes un projet comme celui-là, t’as besoin d’être à l’aise dans ton coin et surtout d’avoir ta famille autour, sans ça c’est pas possible : c’était ici et pas ailleurs. Epinal nous a proposé une aide indirecte mais efficace en nous offrant de superbes conditions pour la location de cet ancien bâtiment de tissage industriel qui appartient à la communauté de commune parce que ça nous permet d’être sereins avec les locaux. Actuellement on est sur environ 1 400 m² soit 700 m² pour le montage et 700 pour le stockage. En France, on est au quatrième rang mondial en nombre de vélo par habitant, mais au dernier en nombre de kilomètres parcourus. On a tous un vélo, mais il reste au fond du garage. Quand tu discutes avec les gens sur les salons ou autre, pas forcément des passionnés sportifs mais des gens qui ont acheté un vélo à un moment donné et qui en ont fait une fois ou deux, tu apprends qu’il est dégonflé, que c’est dur, et qu’ils ne le touchent plus. On se rend compte que ceux qui partent sur un vélo électrique en font beaucoup plus souvent et ça peut aller même jusqu’à remplacer la deuxième voiture du foyer. ça ne consomme rien du tout et c’est bénéfique pour la santé.  »

Un Samedi pas comme les autres

Si vous êtes un fidèle de Vélo Tout Terrain, vous avez pu découvrir la gamme VTT de Moustache et l’essai de son fameux Samedi FS 27/9 Gold dans notre précédent numéro. Cette fois, nous avons pu découvrir le Samedi 27/9 toujours dans sa finition haut de gamme Gold. Ici on revient sur les basiques de la marque avec ce cadre semi rigide aux lignes dynamiques, et très esthétique. Il permet néanmoins d’obtenir une très bonne répartition des masses en centrant et abaissant le poids supplémentaire lié au moteur Bosch Performance Cruise (250 W) et sa batterie Li Ion 400 Performance (36w/11,6 Ah – 2,4 kg). Le Samedi 27/9 reprend l’idée du panachage de diamètre des roues. L’idée est d’utiliser les avantages de la roue en 29″ à l’avant pour obtenir de la stabilité, de l’adhérence en courbe et au freinage, tout en profitant des capacités de franchissement. La maniabilité est conservée grâce au déport du té de la fourche porté à 51 mm. Et à l’arrière, la roue adopte le nouveau standard de 27,5″. Il permet de raccourcir au maximum les bases pour conserver une géométrie agressive et ludique tout en ayant de meilleures qualités de traction et de confort qu’avec du 26 ». Comme sur le Samedi 26 toujours au catalogue, le cadre est en aluminium. Les haubans viennent se prendre directement sur le tube supérieur dont la face inférieure est concave. Une manière astucieuse de semi-intégrer les gaines qui sont logées et maintenues dans cette gorge tout en étant accessibles. Nouvelle interface pour accueillir les nouvelles motorisations Bosch et toutes les caractéristiques qui font avant tout de ce vélo un VTT moderne : douille de direction conique avec jeu de direction intégré, étrier de frein arrière Postmount 180 mm. On note la présence incontournable de la tige de selle suspendue.

En route vers l’aventure

D’emblée on aime le confort qu’apporte la tige de selle. Elle gomme des impacts importants, mais on ressent vite que les roues ne sont pas étrangères à ce bon comportement. Fines et basses, couplées à un rayonnage bien pensé, les jantes apportent la souplesse incontournable sur un cadre aussi rigide que celui-là. Le mode Tour du moteur Bosch reste celui qui est le plus approprié à la pratique du VTT loisir par la manière dont il distille la puissance. Il apporte aussi le meilleur compromis support/consommation d’énergie. La transition entre le moment où on ne pédale pas et la reprise du pédalage est douce et immédiate. L’intensité du support reste liée à la cadence de pédalage, à la puissance appliquée et à la vitesse. Il faut s’habituer à sentir l’assistance s’arrêter progressivement sur les portions plates parce qu’on arrive vite à 25 km/h. On s’habitue aussi très vite au petit bruit de fond indissociable du fonctionnement de l’assistance. Si la pente est négative, le poids du vélo pousse et accentue la vitesse. Rouler sans assistance reste bien sûr possible, voire imposé si on a mal calculé le temps de roulage et l’autonomie. Tant que le terrain ne présente pas de côtes trop raides, le vélo s’emmène, doucement mais il s’emmène. Le Samedi 27/9 est très rigide mais ses roues, la répartition des masses et surtout sa géométrie donnent un comportement vraiment très naturel et ludique. Il faut un petit temps pour s’adapter au poids par rapport à un vélo « traditionnel », mais une fois que la transition est effectuée, le plaisir prend le dessus et on découvre un touche à tout de génie. Du champ de bosses aux pentes racineuses, on en prend la mesure et bien vite on se dit  » quel décalage avec l’idée que tout le monde se fait d’un vélo à assistance électrique « , l’appellation même de VAE paraît anachronique. Cette monture est une nouvelle catégorie de vélo qui convient toujours à de belles balades tranquilles, mais qui est aussi très appropriée à une philosophie et un pilotage bien plus radicaux et plus engagés.

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