Samedi 19 septembre, direction le Jura pour prendre le départ de la Rando Grand Tétras, l’un des parcours proposés dans le cadre de La Forestière. Au programme : 68 km, près de 1 900 m de dénivelé positif et surtout une journée entière à découvrir les sentiers jurassiens. Une aventure que je vous embarque vivre de l’intérieur.
Texte et photos : Yann Sarret.
5 heures du matin, le réveil sonne…
Il est 5 heures du matin. Après un petit-déjeuner avalé assez rapidement, direction Arbent (1), où se trouve l’arrivée de notre randonnée. La particularité de ce parcours, c’est que le départ et l’arrivée ne se trouvent pas au même endroit. Pas question donc de laisser la voiture au départ : l’organisation propose, dès l’inscription, un système de navettes pour rejoindre Longchaumois. Vélo chargé dans les camions, bonhomme dans les bus, et nous voilà partis pour rejoindre le départ. Premier constat en descendant du bus : il ne fait pas chaud ! À peine 7 °C au thermomètre. Quand on vient du Sud, le choc thermique est plutôt brutal… Heureusement, le ciel est parfaitement dégagé et le soleil ne devrait pas tarder à nous réchauffer. À Longchaumois, nous récupérons notre plaque de cadre puis profitons des dernières minutes avant notre départ pour aller voir les femmes élites s’élancer sur le parcours de 85 km, support des Championnats de France de XC Marathon. L’ambiance commence doucement à monter. Juste avant notre propre départ, nous déposons nos vestes dans un sac coureur pris en charge par l’organisation. Nous le récupérerons à l’arrivée. Une solution particulièrement pratique avec les températures matinales !


Le départ est donné à 10h10, en plein centre du village.
Un beau peloton s’élance tranquillement sur la route. Les premiers kilomètres permettent de se mettre dans le rythme et de profiter de ces premiers tours de roues. La journée s’annonce longue, alors pas question de partir à bloc. Et puis, le décor est parfait : ciel bleu, soleil qui commence à chauffer et paysages jurassiens qui se dévoilent peu à peu. On quitte rapidement la route pour rejoindre les premiers sentiers. Forcément, le passage se resserre et un petit bouchon se forme au niveau de l’entrée du premier chemin. Rien de bien méchant, mais le ton est donné. Et surtout, ça commence à grimper ! Mon Wahoo affiche rapidement 10 km et déjà 400 m de D+. Voilà qui met immédiatement dans l’ambiance… et qui permet surtout de se réchauffer ! On prend notre rythme et on découvre les montées du coin. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles sont raides. Après cette première grosse ascension, quel plaisir d’arriver au sommet et de pouvoir enfin basculer dans la première descente de la journée. Le terrain est sec, rapide, mais sans être particulièrement caillouteux. De la terre, quelques racines, des passages plus pentus et parfois un peu techniques : exactement le genre de terrain qui permet de lâcher les freins et de profiter du pilotage.
On a déjà le sourire.
Premier ravito : 18 kilomètres pour se mettre en jambes
Après ces premiers kilomètres bien sportifs, nous arrivons au premier ravitaillement à Septmoncel. Les batteries ont besoin d’être rechargées, et il va falloir continuer à s’alimenter correctement : il reste encore un bon paquet de kilomètres avant Arbent ! Mais à peine le ravito terminé, on attaque déjà ce qui sera probablement la montée la plus difficile de la journée. Un kilomètre à plus de 12 % de moyenne, avec par endroits des passages proches des 25 %. Les cuisses brûlent. On s’accroche, on gère son effort et on attend surtout le moment où la pente va enfin se calmer. Puis vient la délivrance : le sommet. Quel soulagement ! À ce moment-là, on se dit forcément que le plus dur est derrière nous.


Direction Les Moussières
Le parcours nous emmène ensuite sur une partie du GRP jusqu’au village des Moussières, où nous attend le deuxième ravitaillement. C’est également ici que les participants de la randonnée Lynx, un parcours de 40 km, prennent leur départ. On profite à nouveau du ravito pour refaire le plein. Et ici, difficile de passer à côté du Comté ! Quelques bouchées plus tard, nous voilà repartis. Une nouvelle petite montée, courte mais bien raide, nous attend immédiatement après le ravitaillement. Heureusement, les kilomètres commencent à défiler et les jambes ont trouvé leur rythme. Une fois cette côte passée, le profil devient plus roulant. Nous arrivons sur un plateau et empruntons une piste pendant plusieurs kilomètres. L’occasion de remettre un peu de vitesse et de faire tourner les jambes. Puis le décor s’ouvre. Nous sommes au-dessus de La Pesse, au sommet du Crêt du Nerbier, à 1 371 mètres d’altitude. Devant nous : une belle descente rapide et joueuse qui nous attend.Et franchement… quel bonheur !
Quand le parcours cache encore quelques surprises
Après cette nouvelle pause ravitaillement, on repart avec une idée en tête : maintenant, ça devrait être quasiment terminé côté montées. Mmmh… pas si vite ! Le terrain jurassien aime visiblement garder quelques surprises. Quelques petites bosses viennent encore se glisser sur notre chemin. Rien de comparable aux grosses ascensions du début de parcours, mais avec près de 50 km dans les jambes, chaque montée commence forcément à se faire sentir un peu plus. Et puis arrive l’un des moments forts de la journée. Au-dessus des Roches d’Orvaz, le parcours nous offre un magnifique passage sur un single en crête, particulièrement joueur, avec une vue absolument superbe. C’est exactement pour ce genre de moment que l’on vient rouler ici. On oublie les kilomètres, le dénivelé et les jambes qui commencent à fatiguer. On profite !


Dernier ravito… et bientôt l’arrivée
À environ 10 kilomètres de l’arrivée, nous arrivons au quatrième et dernier ravitaillement. Un dernier morceau de fromage, quelques forces supplémentaires et surtout un objectif désormais très clair : Arbent. Mais une fois encore, La Forestière nous rappelle qu’elle n’a pas encore totalement terminé avec nous. Qui dit ravitaillement dit visiblement… montée ! Nous repartons et attaquons une dernière ascension. Elle laissera encore quelques gouttes de sueur sur le chemin, mais une fois au sommet, le profil nous promet enfin ce que nous attendions : de la descente jusqu’à l’arrivée. Et quelle descente ! Rapide, joueuse, avec quelques passages plus techniques. Tout ce qu’il faut pour terminer une longue journée de VTT avec le sourire. On profite de chaque virage, de chaque relance et de chaque passage technique. Après plusieurs heures sur le vélo, il ne reste finalement plus qu’à savourer ces derniers kilomètres.
Arbent : déjà fini ?
Nous entrons finalement dans Arbent. Les derniers mètres défilent, la ligne d’arrivée approche et, après 68 km et près de 1 900 m de D+, nous franchissons enfin la ligne. Un sentiment assez étrange. Soulagé d’avoir terminé… mais presque déçu que ce soit déjà fini. Cette Rando Grand Tétras nous aura offert une vraie journée de VTT : du dénivelé, des descentes joueuses, des paysages magnifiques, du fromage, des jambes qui brûlent et surtout énormément de plaisir. Et au-delà du parcours, c’est aussi l’ambiance générale de La Forestière qui marque. Une organisation bien rodée, des bénévoles présents tout au long de la journée et des ravitaillements qui font du bien aussi bien aux jambes qu’au moral. Bref, une belle découverte du Jura et de l’Ain à VTT. 68 kilomètres, 1 900 m de D+ et une seule conclusion : on reviendra !






