Focus Spine Evo : Piquant à souhait !

DR. N. Le Carré

Avec le Spine, Focus entend proposer un petit vélo bon à tout faire. Bon pédaleur, pas manchot en descente et équipé décemment, le dernier trail bike de la marque allemande se veux multicarte. Avec ses roues de 27.5’’ et ses 120 mm de débattement, il fallait absolument qu’on aille vérifier ça pour nous-mêmes !

DR. N. Le Carré
DR. N. Le Carré

[Htab][tab title= »PRIX »]2599€[/tab][tab title= »POIDS »]13.35 kg sans pédales en taille M[/tab][tab title= »DEBATTEMENT »]Déb. av. : 120 mm | Déb. ar. : 120 mm[/tab][tab title= »USAGE »] rando-sport, vallonné.[/tab][/Htab]

Introduit dans la gamme Focus au printemps dernier, le Spine vient prendre la place du défunt Super Bud 29 que nous avions testé dans ces pages l’an passé. Qu’à cela ne tienne, qui dit nouvelle monture, dit améliorations techniques en vue. De ce côté-là, le Spine ne déçoit pas. On trouve un châssis en aluminium et une cinématique de type Four Bar Linkage. Cette dernière reçoit une biellette en fibre de carbone afin d’assurer niveau rigidité. Sur le papier, la suspension offre un ratio de suspension plutôt linéaire avec un soupçon de progressivité en fin de course, pour les gros chocs. Le Spine inaugure également des passages de gaines et de Durit® en interne. Pour optimiser l’installation, il se dote d’un large accès sous le tube inférieur. Toujours dans une optique de facilitée, la boîte de pédalier reste au standard BSA et l’axe arrière en 142×12 mm. Le châssis du Spine s’annonce ainsi à 2 450 grammes. La géométrie n’a pas été oubliée. Les ingénieurs Focus sont partis d’une feuille blanche pour tracer les grandes lignes du Spine. Exit la géométrie à l’ancienne du Super Bud, le Spine hérite d’un triangle avant long et de bases courtes. Le vélo est globalement ramassé. Son boîtier bas et ses angles de direction (68°) et de tube se selle (75°) sont dans la norme des vélos de la catégorie trail. Pour gérer les 120 mm de la bête, Focus fait confiance à RockShox. Les deux classiques que sont la Reba RL et le Monarch RT s’occupent de filtrer les aspérités du terrain. Sram se charge de la transmission, avec un montage mono-plateau sur base du groupe GX. Pour convenir à un large nombre de pratiquants, une couronne en 30 dents trouve place pour permettre de passer partout. Pas de problème également au niveau du freinage, le géant Shimano s’occupe d’arrêter la bête avec les tout simples, mais non moins efficaces, BL-M615. Le reste des composants, à commencer par les roues et la tige de selle télescopique, sont issus de la marque maison, Concept EX. Ainsi équipé, ce Spine Evo est pesé à 13,35 kg.

Vingt-huit pour cent

Avant même de partir à l’aventure au guidon du Focus, on règle comme il se doit les suspensions. On part sur les réglages préconisés par la marque et RockShox. Ainsi, on cale la précontrainte de la fourche et de l’amortisseur à 25% de leur course. Une fois en piste, sur terrain lissé et roulant, le Spine se montre à son aise. À l’instar de machines de XC marathon, l’amortissement est ferme à l’arrière. On en profite pour garder la vitesse et en remettre dès que le sentier nous l’autorise. La machine reste relativement haute dans le débattement et on profite pour passer très vite en courbe ou surfer au-dessus des petits obstacles. La géométrie permet de maintenir le cap sans soucis et on profite du large poste de pilotage pour manier le Spine. Les enchaînements de virolos s’enchaînent à la perfection, tant les bases courtes dynamisent la machine. Par contre, quand la trace se fait plus vicieuse et que ça commence à tabasser, c’est une autre paire de manches. On profite néanmoins de la tige de selle télescopique pour adapter notre position et optimiser l’attaque en descente. Les 120 mm de débattement y montrent vite leurs limites. Le vélo a tendance à nous secouer et il faut s’accrocher pour ne pas être hors jeu. D’autant qu’une fois passé le seuil de déclenchement de l’amortissement, la suspension arrière a une forte tendance à s’affaisser sur les gros chocs. On prend tout le débattement d’un coup et ce n’est pas l’idéal. À l’issu de ce déverminage, le Spine présente deux visages, d’un côté, il est vif et stable à haute vitesse sur terrain lisse et de l’autre il ne ménage pas son pilote quand ça tabasse. Dans l’optique d’améliorer notre expérience au guidon de ce Focus, nous nous sommes empressés de jouer sur le volume d’air des suspensions (voir encadré « On a aussi testé »). Dans un premier temps, on descend les pressions des suspensions jusqu’à 29% d’enfoncement à l’arrêt sur le vélo. Ensuite pour ne pas aller en butée à chaque impact important, nous avons placé quelques cales dans nos suspensions pour gagner en progressivité.

Le Spine est un petit vélo qui ravira les accrocs des petits sentiers sinueux et techniques.

DR. N. Le Carré
DR. N. Le Carré

De retour sur les sentiers, la machine se métamorphose dans le bon sens du terme et sur tous les plans. Au pédalage, on gagne en motricité. C’est d’autant plus vrai dans les montées techniques, la roue arrière ne vient plus buter sur les racines. Dans les portions techniques, la sensibilité accrue fait que l’on gagne en confort. En descente, c’est le grip de la bête qui augmente copieusement. Pour ne rien gâcher, on gagne en confiance et on profite pleinement de la géométrie typée enduro du Spine. On ose imaginer le résultat avec de meilleures gommes sur les pneus. En effet celles d’origine sont franchement raides et taillées pour durer, certes un maximum de temps, mais pas pour tenir au sol. Dommage car le profil est bon.

Un peu raide dans sa version stock et pas assez light pour titiller les machines de course XC marathon, le Spine mérite que l’on travaille un peu sur ses suspensions pour en tirer la quintessence. Il devient alors un excellent compagnon, même si on n’aurait pas rechigné à voir son débattement augmenter d’une dizaine de millimètres à l’avant pour toujours plus de fun. Un petit vélo qui ravira les pilotes accrocs aux petits sentiers sinueux et techniques.

Ce qu’il faudrait changer

Pour prendre toute la mesure du Focus Spine, on vous invite à opter pour une selle à votre goût. Le modèle de base du Spine ne sera pas au vôtre si vous êtes sensible de l’entrejambe. Pour magnifier le comportement du Spine, optez d’abord pour un kit de cales permettant d’ajuster le volume d’air dans votre amortisseur. Nous en avons ajouté trois aux deux d’origine. Cela permettra de rouler avec une précontrainte plus importante sans faire de votre vélo un chewing-gum tout mou. L’upgrade ultime serait à nos yeux une paire de roues de très bonne facture pour un budget entre 500 et 800 €, pour finir de faire du Spline une fine lame. L’autre option pour les pilotes qui veulent s’amuser, c’est l’adoption d’une RockShox Pike en 130 mm. La géométrie bougera à peine et vous passerez deux fois plus fort en descente.

Caractéristiques

FICHE TECHNIQUE : Tailles : S, M, L, XL – Modèle d’essai : M – Cadre : aluminium – Fourche : RockShox Reba RLT – Amortisseur : RockShox Monarch RT HV – Freins : Shimano M615, ø180 mm – Dérailleur arrière : Sram GX – Pédalier : Sram S1000, 30 dts – Commandes : Sram GX – Cassette : Sram XG-1150, 10/42 – Roues : Concept EX – Pneus : Continental Mountain King, 27.5’’x2.40’’/2.25’’ – Potence : Concept EX, 60 mm – Cintre : Concept EX Low Riser, 750 mm – Tige de selle : Concept EX Drop 120 mm, ø31,6 mm – Selle : Concept EX – GEOMETRIE Taille M : Top tube : 602 mm – Tube de selle : 440 mm – Angle de direction : 68° – Angle de tube de selle : 75° – Bases : 428 mm – Empattement total : 1147 mm – Hauteur de boitier : 337 mm – Reach : 443 mm – Stack : 589 mm.

Distributeur : Derby Cycle, Contact : www.focus-bikes.com

RENDEMENT [star rating= »4″]
CONFORT [star rating= »3.5″]
MANIABILITE [star rating= »4.5″]
STABILITE [star rating= »4″]
PRIX/EQUIPEMENT [star rating= »3.5″]

[quote] On aime : Bonne géométrie • Maniable et joueur • Tige de selle télescopique
On regrette : Suspension arrière trop raide d’origine en début de course • Pourquoi pas 130 mm devant ? • Selle pas confortable • Pneus à gommes dures.[/quote]

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Journaliste & photographe à bikelive.com