Canyon Nerve AL 7.0 : Nerve(ux) !

Taillé pour la randonnée sportive, le Nerve AL est un modèle particulièrement plébiscité au sein de la gamme Canyon. Et pour cause… Nous avons voulu savoir ce que l’une des versions premiers prix, simple et efficace sur le papier, avait dans le ventre. Direction les sentiers pour connaître le verdict et juger si le VPCiste allemand est aussi diabolique qu’on le dit !

Canyon Nerve AL 7 (5)
DR N. Le Carré

[Htab][tab title= »PRIX »]1799€[/tab][tab title= »POIDS »]12,70 kg sans pédales en taille M[/tab][tab title= »DEBATTEMENT »]Déb. av. : 120 mm | Déb. ar. : 120 mm[/tab][tab title= »USAGE »] Rando-sport, vallonné, montagne.[/tab][/Htab]

Revu entièrement fin 2013, le Nerve nouvelle cuvée bénéficie d’un châssis des plus agressifs. Reprenant les lignes du Spectral de all-mountain, il dispose lui aussi d’un cadre intégralement en aluminium. En revanche, son débattement passe à 120 mm, à l’arrière comme à l’avant. Il se voit équipé de roues en 27.5’’ et bénéficie de la même cinématique que son grand frère. Cette dernière est constituée d’un bon vieux système four bar linkage à point de pivot Horst. Elle hérite du doux nom mar­keting Anti-Squat-Kinematics. Les qua­lités d’un tel design sont connues : un très bon toucher de terrain et une limitation de l’interaction entre la suspension et le freinage. Canyon ajoute au Nerve une géométrie totalement orientée vers la randonnée sportive. Triangle avant court et potence en 80 mm, bases courtes en 430 mm, angle de direction calé à 69,5° et tube de selle redressé à 74° sont là pour optimiser le pédalage. L’empattement général du vélo est court et devrait donner du caractère au Nerve. Ajoutez une patte de frein Postmount 180, une douille conique et un axe traversant en 142×12 mm et vous obtenez une base très saine. Cette dernière est d’ailleurs commune à toute la gamme Nerve AL. L’équipement de cette version 7 est de haute volée, rapporté au prix du vélo. On retrouve une paire de roues Mavic Crossride et un duo de suspensions Fox CTD Evolution, habituellement présentes sur des VTT de plus de 2 000 €. A l’exception des commandes SLX, la transmission est confiée au groupe Shimano XT. Les Nippons s’occupent également du freinage. On retrouve des gommes Continental qui ne sont pas les plus haut de gamme mais qui présentent un profil passe-partout. Enfin, le reste des composants est confié à Iridium, une marque du groupe Canyon. On devrait logiquement être à notre aise une fois en selle.

Les nerfs à vif

A cheval sur le Nerve, le premier constat, c’est la bonne position sur le vélo. Tout tombe bien sous la main. En revanche, on a sacrément mal au c… ! La selle Selle Italia d’origine, avec son profil plat et étroit, a clairement plus sa place sur une bête de cross-country que sur une machine taillée pour avaler les bornes le plus confortablement possible. Nous l’avons d’ailleurs vite remplacée pour cet essai. Qu’à cela ne tienne, on attaque le roulage. D’entrée de jeu, on est surpris par l’excellent travail de la suspension arrière. L’amortisseur lit le terrain en permanence, sans qu’on ressente ses effets sur le pédalage. Au contraire, le Nerve fait preuve d’une bonne motricité et d’un très bon rendement. On pédale aisément. Le plateau intermédiaire en 30 dents fait l’affaire dans une très grande majorité de situations. On se demande encore à quoi servent les deux autres, à part faire plaisir au marché allemand. On place quelques accélérations, le Nerve répond aussi sec. Le boîtier de pédalier et le train arrière bénéficient d’une excellente rigidité, bien aidés par l’axe en 142×12 directement vissé au cadre. La paire de roues Mavic et les rayons plats jouent également leur rôle dans la manœuvre, apportant un sérieux dynamisme au vélo.

Super actif

Dans les enchaînements sinueux, c’est du bonheur. Le Nerve figurant parmi les vélos les plus courts de sa catégorie, on en fait littéralement ce qu’on veut dès que ça tournicote. D’autant que son tube supérieur, bien slopping, permet de se mouvoir aisément. Les grimpettes s’effectuent elles aussi facilement, on ne touche à aucun moment aux positions Trail et Climb de l’amortisseur (sous peine de perdre en grip et en confort). L’Anti-Squat-Kinematics se suffit à elle-même. Dans certains raidards, il faut parfois trouver le bon équilibre sur le vélo pour éviter que la roue avant ne déleste. Cette dernière est d’ailleurs maintenue au vélo par un simple axe de 9 mm. Un peu léger au moment d’attaquer les descentes, d’autant que la puissance fournie par les gros disques en 180 mm lui fait rapidement perdre la tête. Pour un axe traversant de 15 mm, il faudra débourser 200 € supplémen­taires en optant pour la version 8.0 du Nerve. Dans la pente, le Canyon fait le boulot. On abuse encore et toujours de sa vivacité grâce à son empattement ultra-court. La suspension travaille sainement, bien qu’un peu linéaire sur les très gros impacts. L’accroche fournie par les pneus est bonne sur une large variété de terrains. On garde un sacré grip dans les portions grasses. Le yoke et la jonction des haubans ont, en revanche, tendance à ramasser la boue. A l’aise sur tous les terrains, le Nerve est une excellente surprise. Il nous a scotchés compte tenu de son placement tarifaire. Une nouvelle fois, Canyon fait fort, proposant une base saine et de qualité à la portée de tous. n Ce qu’il faudrait changer Pour faire du Nerve la machine ultime, nous vous proposons quelques améliorations. Il s’agit de le rendre encore plus efficace et polyvalent. On démarre avec la selle. Si vous avez l’assise sensible, optez pour une selle à profil arrondi et un peu plus large que celle d’origine. Pour un peu plus de 100 €, optez pour un pignon de 42 et un monoplateau, vous élimi­nerez le dérailleur avant et deux couronnes. De quoi gratter quelques grammes supplémen­taires. Une tige de selle télesco­pique peut également être une bonne option pour assurer en descente, d’autant que le Nerve dispose d’un passage intégré pour cette dernière.

Caractéristiques : 

FICHE TECHNIQUE :  Tailles : XS, S, M, L –  Modèle d’essai : M –  Amortisseur : Fox Float CTD Evolution – Fourche : Fox 32 Float CTD Evolution – Freins : Shimano BR-M447, ø180/180 mm – Dérailleur arrière : Shimano XT Shadow + – Pédalier : Shimano XT, 40/30/22 dts-  Commandes : Shimano SLX  – Cassette : Shimano HG62, 11/36 – Roues : Mavic Crossride – Pneus : Continental Mountain King II, 27.5×2.2 – Potence : Iridium 3-0, 80 mm – Cintre : Iridium 3-0, 720 mm – Tige de selle : Iridium 3-0, ø30.9 mm – Selle : Selle Italia X1 – GEOMETRIE :  Top tube : 585 mm – Tube de selle : 435 mm – Angle de direction : 69,5° – Angle de tube de selle : 74° – Bases : 432 mm – Empattement total : 1 100 mm – Hauteur de boîtier : 340 mm.

Distributeur : Canyon www.canyon.com

AUTONOMIE/RENDEMENT [star rating= »4″]
CONFORT [star rating= »4″]
MANIABILITE [star rating= »4.5″]
STABILITE [star rating= »3.5″]
PRIX/EQUIPEMENT [star rating= »5″]

 

[quote] On aime : cinématique efficace, rapport qualité / plaisir, rapport prix/équipement, existe en version femme
On regrette : pédalier triple, selle XC compétition, axe de 9 mm avant.[/quote]

 

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Journaliste & photographe à bikelive.com