Trek Top Fuel : vous avez dit 100 mm ?
Par Michel Périssat - Photos : Jérémie Reuiller Le 10 07 2010
La marque américaine ne reste jamais longtemps les roues croisées. Avec son Top Fuel 9 il ratisse large, venant rouler sans complexe du coté des 120 mm.
Parfois, il devient difficile de distinguer certains modèles, tant le comportement de certains 100 mm peuvent ressembler à des 120 mm, et inversement. Si ce n’est une nervosité légèrement accrue en relance, il pourrait figurer dans des essais de 120 mm. Il en jette un max dans cette livrée noire et blanche de qualité, les rudesses de l’hiver n’ont en rien entamé son vernis. L’aluminium du cadre provient des séries ZR9000 et 7000, permettant une finition des soudures impeccable, et de donner des formes complexes aux tubes. Pas de renforts là où ça fait mal, la technique de l’hydroformage garantissant, normalement, une solidité accrue. La suspension arrière est unique, car si l’amortisseur flottant est du déjà vu (Full Floater), c’est à dire serré entre la biellette haute et le bras oscillant, le point de pivot arrière est intégré dans l’astucieux système ABP.
Son domaine d’utilisation peut aller jusqu’à la moyenne montagne
Seuls les grincheux argumenteront qu’il faut retirer entièrement le serrage de roue pour la retirer. Autre belle technique, la biellette qui n’est qu’une seule et même pièce, seulement alésée pour y insérer roulements et serrages, est elle aussi bien pensée. Trois critiques tout de même, un cintre plat qui fait mal aux poignets, les passages de gaines sont mal foutus, pas la peine d’avoir des ingénieurs pour oublier ces « détails », et une tige de selle qui ne rentre que de quelques centimètres dans le cadre, rendant le pilotage des descente en montagne tendus. Vous me répondrez qu’il n’a rien a faire en montagne ce VTT. Erreur, il est tellement aisé à emmener, qu’un passage du coté des Portes du Soleil est loin d’être hors sujet. Car hormis le cintre, ce 100 mm nous a bluffés à plus d’un titre. Le rendement n’oblige pas à jouer avec le blocage des suspensions.
Les légères oscillations de l’amortisseur, n’altère pas sa nervosité, tout juste si en relance debout sur les manivelles, on perd un peu de jus. Les pneus Bontrager Jones en 2,20 de large contribuent garder une vitesse moyenne rapide. On est prêt à aligner de la borne, d’autant plus que le confort est géant. Tout juste note-t-on un raffermissement en fin de compression sur les gros impacts, le collier attestant que l’on utilise bien tout le débattement. L’arrière très rigide latéralement, permet de super appuis aussi bien en courbes, qu’en virages serrés. Seul le guidon plat, vient gâcher cette belle maniabilité, qui le fait se glisser dans le moindre petit coin technique avec aisance. Il ne craint pas les dénivelés négatifs, au contraire, le Top Fuel 9 est amusant à plus d’un titre, il décolle d’un simple coup de guidon, reste stable même dans le rapide. Reste qu’il faudra l’adapter si l’on veut tâter un peu de parcours endurisant.
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